‹ Chrestomathie franc̜aise du XIXe siècleChapitre 170 sur 176 · ALPHONSE BEAUREGARD · texte numérisé non relu

ALPHONSE BEAUREGARD

Né h La Patrie (Province de Québec), en 188 i.

Celui-là n'est pas un poète du terroir ; c'est un écrivain francisé qui fait de la littérature pure. Il se sert de notre langue, qu'il manie fort bien, non pour chanter sa patrie, plus ou moins absente de son œuvre, mais '^our exprimer ses réflexions sur la vie, ses méditations de moraliste. Dans la poésie canadienne, caractérisée surtout par le patriotisme et la foi, il est une exception, une exception d'ailleurs intéressante. Esprit philosophique, sans être un négateur, il regarde la vie d'un œil tranquille i il en sonde les profondeurs, en voit les tristesses et les amertumes. Ses vers un peu froids, mais d'une grande pureté de style, attirent parce qu'on y sent une pensée toujours sincère et profonde.

Je sais pourquoi ^

Je sais pourquoi les mères chantent Des chants d'amour à leurs enfants, Pourquoi souvent elles ressentent D'indicibles ravissements Quand les petits à la lumière Ouvrent une fraîche paupière :

C'est que leur rêve voit en eux Les futurs maîtres de la terre, Plus beaux, plus forts et plus heureux Que les anciens et que leurs pères.

» Extrait du recueil Les Forces (1912) (Arbour et Dupont, éditeurs, Montréal)-

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