‹ Chrestomathie française du XIXe siècle (prosateurs)Chapitre 26 sur 40 · Scène première · texte numérisé non relu

Scène première

LE DOMESTIQUE, MADAME DE RUMIÈRES, RÉMONIN

Au lever du rideau, Rémonin est assis près de la cheminée et lit. LE DOMESTIQUE , à madame de Rumières, qui entre.

Madame la duchesse est sortie, mais elle va rentrer tout de suite. Elle est allée jusqu'à l'église.

MADAME DE RUMIÈRES

C'est bien, je l'attendrai.

RÉMONIN , qui a entendu les derniers mots, à madame de Rumières.

Nous l'attendrons ensemble, si vous voulez.

MADAME DE RUMIÈRES s'assied.

Je ne demande pas mieux.

RÉMONIN

Vous venez, comme moi, savoir des nouvelles de notre héroïne ?

* Cette appréciation n'est pas iaspirée par le chauvinisme : les étrangers s'accordent à dire que la Comédie-Française est le théâtre le plus parfait pris dans son ensemble ; ce qui ne veut pas dire qu'il n'y ait, dans les autres pays, d'admirables acteurs.

* Dans cette pièce, d'une haute portée morale, malgré la crudité de certains détails, Dumas a voulu montrer les mœurs infâmes des mondains décavés, pour qui le mariage n'est qu'une basse affaire d'argent, et la sottise de nos modernes bourgeois-gentilshommes auxquels la manie nobiliaire fait commettre de véritables vilenies. De cette satire cinglante, où le scepticisme parisien jette aussi sa note aiguë, se dégage une belle apologie du mariage basé sur l'honneur et l'amour. L'auteur y défend la sainteté de la famille.

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