PREFACE
J'ai toujours entendu dire que , si l'on conforme son cœur au cœur de son père et de sa mère , les frères aînés et cadets de ce monde vivront certainement dans la plus étroite union ; si l'on conforme son cœur à celui de ses ancêtres, tous les membres des familles du monde s'aimeront tendrement ; et si l'on conforme son cœur à celui du ciel et de la terre, les peuples et tous les êtres du monde vivront dans une étroite alliance.
Ces paroles devroient être étudiées par tous les hommes : elles sont d'une haute importance pour celui qui gouverne. Je trouve que la plus importante, parmi ces trois sentences.
est de conformer son cœur à celui de ses ancêtres. Quand je veux conformer mon cœur à celui de mes ancêtres , je ne puis qu'avec difficulté pénétrer dans ïe fond de leurs pensées : j'y aperçois qu'il n'étoit pas facile pour eux de parvenir à la perfection ; cela me remplit de crainte et de circonspection. Je respecte le ciel et j'aime le peuple : aussi je gouverne la famiiie impériale d'après ies règles établies pour les frères aînés et cadets , parce que je conforme mon cœur au cœur de mon père et de ma mère ; le peuple est uni et les êtres vivans sont paisibles, parce que je conforme mon cœur au cœur du ciel et de ia terre.
Confucius dit : « Celui qui comprend clairement les cé- » rémonies des sacrifices qu'on offre au ciel et à la terre , n et celles des sacrifices d'été et d'automne , peut gouverner » l'empire ^omme s'il regardoit dans sa main (l). »
(l) Ce passage de Confucius est tire' du JLim yu , iiv. II , chap. 1. Khian loung n'en cite que le sens. Voici le texte complet :
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