COMMENT LOIS DUC D ORLEANS FUT MEIS A MORT
estoient sus ne le peurent retenir. Et quand il fut arresté ils veirent la dicte muUe de leur Seigneur, qui toute seuUe courroit après eux. S'ils Guidèrent qu'il fut cheu jus, et pource la reprindrent par le frain^ pour la ramener audit Duc: Mais quand ils vindrent près de ceux qui l'avoient tué, furent menacez, disant s'ils ne s'en alloient qu'à tel point seroient meis comme leur maistre : pourquoy iceux voyans leur seigneur estre ainsi meis à mort hastivement s'en allèrent en l'hostel de la Koyne en criant le meurdre.^ Et ceux qui avoient occis ledit Duc, à haute voix commencèrent à crier le feu 5 ^ et avoient leur fait par telle manière ordonné en leur hostel, que l'un d'eux entant^ que les autres faisoient l'homicide dessusdit bouta le feu dedans iceluy. Et puis les uns à cheval, les autres à pied hastivement s'en allèrent où ils peurent le mieux, en jectant après eux chaucestrappes de fer, affin qu'on ne les peut suivir^ n'aller^ après eux. Et comme la fame^ et renommée aucuns d'iceux allèrent en l'hostel d'Arthois par derrière à leur maistre le Duc Jean de Bourgongne qui cest œuvre leur avoit fait faire et commandée, comme depuis publicquement il confessa et ce qu'ils avoient fait luy racompterent. Et après treshastivement meirent leurs corps en sauvetéj Et fut le principal de cest cruel homicide conducteur un nommé Rollet d'Auctonviîle de nation Normand: auquel paravant^ ledit Duc d'Orléans avoit osté l'office des Généraux, duquel le Roy l'avoit pourveu à la requeste et prière du Duc Philippe de^ Bourgongne deffunct. Et pour ce desplaisir avisa ledit Rollet manière comment il se pourroit venger d'iceluy Duc d'Orléans. Ses autres complices furent Guillaume Courteheuze et Scas Courteheuze devant nommez nez^ de la Comté i^ de Ghines, Jean de la Motte et plusieurs autres jusques au nombre dessus dit. En après environ ^^ demie heure ceux de la famille dudit Duc d'Orléans, quand ils ouyrent nouvelles de la mort et occision^^ de leur seigneur tant piteuse tresfort ploroient, et griefvement^^ au cueur courroucez tant les nobles comme ^* non nobles accoururent à luy, et là le trouvèrent mort sur les quarreaux.^^ Auquel lieu y eut grans lamentations et regrets des chevaliers et escuyers de son hostel, et generallement de tous ses serviteurs quand ils veirent son corps si très terriblement deplayé.^^
I Ain pour em, comme ai pour ei, en pour an etc. 2 ^^ meurtre! au feul 3 Tandis que. ^ Ancien infinitif de suivre (d'où le participe passé snivi)
encore employé au XVIe siècle. ^ Ni.
*' Famé = rerum, bruit qui court — comme la famé = le bruit court, à ce qu'on dit. "^ Sûreté. ^ Auparavant. 9 Né. ^^ Masculin aujourd'hui.
II Après. — Environ était d'un usage plus fréquent, sa signification était plus élastique, ce qui permettait de dire: Environ moi, autour de moi. — - Environ le genouil, près du genou, etc.
^'^ Etablissez la différence des deux mots: mort, occision.
^3 Non contente de changer la consonne radicale en son équivalente, v, /, la langue du moyen âge faisait parfois une superfétation de consonnes, semblable à celle que présente cet adverbe; parfois ce n'était pas une lettre, mais bien une syllabe tout entière qu'elle ajoutait: on a dit d'abord contre. puis e/îcontre , puis à Vencontre, comme on avait dit main, demain, endemain. Vende/nain, puis enfin lendemain — ce dernier est resté tel, le premier est revenu à son point de départ.
14 Tant... (îommfi = tant ... quo. ^^ D'où provient la syllabe initiale qua*
^6 Dérivé du verbe player — faire des plaies — • blesser.