‹ Chrestomthie du vieux français;Chapitre 75 sur 110 · EXTRAIT DE L'ÉCONOMIQUE DE XÉNOPHON · texte numérisé non relu

EXTRAIT DE L'ÉCONOMIQUE DE XÉNOPHON

sant son habillement, et son poil, et par tous autres pareils moyens, et toutes autres façons qui se presentans à toute heure devant les yeux, et attristant la personne, tiennent en serre et diminuent la vigueur de l'esprit, et le mettent eu desespoir de trouver issue du mal, et le rendent incapable 1 de consolation, tout obscur et ténébreux, de tant que l'entendement depuis qu'il s'est par la douleur entourné et enveloppé de ces tristes habits, il ne se fait aucune part ny du rire en compagnie, ny de la lumière, ny de la bonne chère, et de la plaisante et ioyeuse table de ses amis. A ce m.al de la tristesse se ioint volontiers la nonchallance de sa personne et un despit contre la coutumiere façon iusques à ne se vouloir ny estuver:^ là où il failloit^ que l'esprit fîst tout au contraire pour se secourir et ayder, par le moyen du corps sain et vigoureux: car certes quand le corps est sain et en sa gaillardise, une grand' partie de l'ennuy s'abbat et se relasche, comme le flot à un beau iour quand le temps calme: mais si on laisse le corps rouiller et durcir par le mal gouverner,^ et qu'il n'envoyé plus rien de bon ny de gracieux à l'ame, ains seulement comme des ameres et fascheuses fumées : certes à grand' peine se peult-on ravoir, encores^ qu'on le vueille. Si grandes sont les passions qui saisissent l'ame ainsi mal menée.

Page 1