‹ Chrétiens et hommes célèbres aux XIXe siècleChapitre 13 sur 23 · CHRETIENS ET HOMMES CEI, ERRES · texte numérisé non relu

CHRETIENS ET HOMMES CEI, ERRES

à Dieu le soulagement de ses douleurs, il lui dit : « Monsieur le curé, priez Dieu de m'accorder la force de supporter mes souffrances avec patience. » Le curé lui demanda de donner une bénédiction à tous les gens de la maison agenouillés : « Ce n'est pas à moi de donner une bénédiction ; c'est moi qui demande la bénédiction de Dieu. »

Un crucifix qui avait appartenu à sa mère lui fut présenté par le curé qui le posa sur ses lèvres ; peu de moments après, la respiration s'éteignit paisiblement : les douleurs et la vie avaient cessé.

« Nous ne nous chargerons pas, dit le P. Huguet, de justifier toutes les idées politiques de M. Royer- Collard; elles se ressentent de l'époque et du milieu où il a vécu. Malgré cela, ses discours sont remplis de belles pensées, dignes de ce génie grave et élevé. »

Un jour, à un médecin qui annonçait des idées matérialistes, il dit : « Prenez garde de n'être qu'un vétérinaire. »

Ce mot était juste. Dans la théorie des positivistes, la Faculté de médecine n'est qu'une annexe de l'école vétérinaire d'Alfort.

A propos de la Révolution de 93 :

(( Les crimes de la Révolution n'étaient pas nécessaires. Ils ont été l'obstacle, non le moyen. »

Royer-Collard avait bien compris le caractère de ce xix" siècle, lorsqu'il disait : « Notre siècle a perdu deux choses : il a perdu dans l'ordre intellectuel l'attention, dans l'ordre moral le respect. »

« Les sociétés humaines naissent, vivent, meurent sur la terre. Mais elles ne contiennent pas l'homme

tout entier. Il lui reste la plus noble partie de luimême, ces hautes facultés par lesquelles il s'élève à Dieu, à une vie future, à des biens inconnus dans un monde invisible. Ce sont les croyances religieuses, grandeur de l'homme, charme de la faiblesse et du malheur, recours inviolable contre les tyrannies d'ici -bas. »

Sur la religion : « La rehgion est en elle-même et par elle-même. Elle est la vérité sur laquelle les lois ne décident point. La religion n'a d'humain que ses ministres, faibles hommes comme nous, sujets aux mêmes passions, organes mortels et corruptibles de la vérité incorruptible et mortelle.

(( Nous avons traversé des temps criminels ; nous n'avions pas cherché la règle de nos actions dans la loi, mais dans nos consciences. Nous avons obéi à Dieu plutôt qu'aux hommes. »

Sur le rôle du gouvernement : « Le gouvernement, au lieu d'exciter l'énergie commune, relègue tristement chacun au fond de sa faiblesse individuelle. Nos pères n'ont pas connu cette profonde humiliation. Ils n'ont pas vu la corruption placée dans le droit public et donnée en spectacle à la jeunesse étonnée comme la leçon de l'âge mûr. »

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