GENERAL DE DIVISION
« Mort comme un saint. »
( L'archevêque de Toulouse.)
Le commandant du dix- septième corps d'armée à Toulouse, le général de Salignac-Fénelon, a été enlevé à la patrie et à la religion en 1879. C'était un ardent soutien pour les œuvres catholiques.
Le général aimait les œuvres ouvrières, car il comprenait que c'est un des moyens de régénérer la société actuelle, et les encourageait dans les diverses villes où il a commandé.
Ce descendant d'une famille illustrée par le Cygne de Cambrai ne pouvait se laisser séduire par l'incrédulité ou rindifférence moderne. Tout le monde connaissait ses sentiments religieux. Il les manifestait surtout chaque année en faisant dresser un reposoir splendide dans la cour d'honneur de son palais, pour les processions du Saint- Sacrement ; et les habitués de la messe de huit heures n'oublie-
ront jamais rédificalion qu'il donnait tous les dimanches, suivant pieusement l'office, un petit livre à la main : « Ce livre, je l'ai depuis quarante ans, disait un jour le général à l'aumônier, je l'ai fait relier plusieurs fois. C'est une Imitation de Jésus- Christ qui appartenait à ma mère. »
Il avait parfois à rédiger, dit le même aumônier, des proclamations ou ordres généraux , ou à prononcer des allocutions. Il le faisait avec une distinction rare; presque toujours il savait y faire intervenir une idée élevée , et le plus souvent Celui qui est la source de toute autorité.
En vrai chrétien, à l'assistance à la messe du dimanche, le brave général joignait la pratique de la prière de chaque jour. Il la faisait avec une régularité et dans une tenue toute militaire.
Une fois, il l'omit par oubli, et s'en apercevant lorsqu'il était déjà au lit, il sonne son ordonrfance :
« Apporte-moi mon uniforme, dit-il, j'ai oubhé ma prière. »
Et, se mettant à genoux, il commença : Notre Père, qui êtes aux deux.
Telle était sa foi, tel était son respect pour la majesté divine , qu'il ne voulait point parler à Dieu autrement que dans la tenue complète qu'un soldat porte vis-à-vis de ses chefs. Il faisait sa prière comme on accomplit un service d'honneur.
Celte fidélité au devoir religieux soutenait son exactitude aux devoirs militaires et préparait , dans les épreuves de sa vie, le courage en face de la mort, l'espérance de l'éternité : « IJientôt nous nous reverrons, » disait quelques semaines avant sa mort le