‹ Chrétiens et TurcsChapitre 102 sur 119 · IV -LA GUERRE SUR LE DANUBE · texte numérisé non relu

IV -LA GUERRE SUR LE DANUBE

purent achever leurs travaux le même jour. Le lendemain 23 mars, la canonnade recommença vivement contre la ville de Matchine^ et dans raprès-midi une partie de Tarmée russe débarqua sur le territoire bul-* gare. En même temps le général Lûders parvenait à jeter un second pont au-dessus de Galatz^ à Zatoka^ et à effectuer le passage du fleuve. La faible garnison de Malchine continuait cependant à résister aux Russes^ dix fois plus nombreux, et le prince Gortchakof, qui a conquis une si juste renommée lors du siège de Sébas« topol et par son évacuation de cette ville, mais qui dans la campagne du bas Danube a montré une grande indécision» causée par les ordres/livergentsde sa cour et par une politique beaucoup moins belliqueuse au fond qu'elle ne le paraissait, remit Fassaut de la forteresse au lendemain, malgré les pressantes instances du général Schilder, récemment arrivé au quartier général, qui ne voulait pas que Ton donnât aux Turcs le temps de se retirer. Ce qu'avait prévu le général Schilder arriva, et le U au matin, une députation de Bulgares vint annoncer au général en chef que la garnison tur* que avait quitté Hatchine dans la nuit.

Dans cette expédition contre Matchine figuraient cinq mille stavraphores (croisés) qui avaient été levés et formés en corps dans les Principautés par les soins des autorités russes et moldo-valaques avec les souscriptions des bégoumènes des couvents et des riches propriétaires grecs. Ce corps, levé ostensiblement pour défendre la religion chrétienne contre les musulmans, et dont la

véritable destination était de fomenter des inrarreetioiM parmi les chrétiens de la Turquie, portait une coiffare sur laquelle brillait la croix. Il n'était en réalité oom* posé que d'aventuriers grecs, bulgares, serbes, bohémiens, petits marchands ruinés, domestiques chasaés, cuisiniers sans place, réunis par Tespoir du pillage ou Tattrait des vengeances personnelles. Ces croisés par* couraient les rues de Biicbarest montés dans des Urga (petites calèches), faisant retentir la ville de coups de pistolet et répandant la terreur parmi la population, La pcdice fut même obligée de défendre aux habitants de Bucharest de sortir le soir pendant les crffloes du carême, parce qu'elle ne répondait pas de pouvoir empêcher les désordres et les violences. Dans les villes de district et les villages, les êUivr&phores commettaient les (dus horribles excès, pillant et violant quand la population n'avait pas réussi a fuir et & emporter tout ce qu'elle avait de précieux. Tels étaient les défenseurs de la foi orthodoxe que les Russes n'avaient pas craint de prendre à leur service, et parmi lesquels s'étaient enrôlés conune officiers ou avaient figuré comme souscripteurs quelques-uns des fonctionnaires valaques ou des affidés de l'administration iHrécédente. Les cinq mille êtavrophores qui avaient passé sur le territoire bulgare avec le prince Gortchakof commirent tant d'excès en entrant dans Matchine, envers leurs propres coreligionnaires, que dès le lendemain le général en chef russe les renvoya sur la rive gauche. Ce fut à l'intervention de rAutriche que Ton dutdansles provinces

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