I.— LES RELIGIONS ET LES RACES
paganisme, pour sa propre défense. Hais si rislamisme n'a pas été persécuteur^ sa lourde immobilité a retardé en Orient les progrès de la religion du Christ, et toutes les populations chrétiennes soumises à la domination directe des musulmans ont décliné jusqu'au moment où l'influence européenne a commencé à se faire sentir ^ Toutes les civilisations musulmanes ont élé de courte durée et n'ont jamais été que des reflets habilement empnmtés de civilisations étrangères. Les Turcs seuls, grâce à l'identité de leurs grands intérêts avec ceux de l'Europe occidentale, font des eflbrts dignes d'attention, d'admiration pour se transformer, pour se maintenir dans l'échelle morale et politique des nations après la dégradation de leur grande puissance. Un pareil peuple mérite qu'on l'étudié avec soin et avec une haute impartialité.
Quelle est, à cette heure, la situation respective des diverses religions qui se partagent les populations qui
i 11 ne faut cependant pas oublier que la conquête des Latins avait ruiné Constanlinople, et que celte ville ne comptait pas plus de I à 5,000 hommes en état de porter les armes lorsque Maho* met II en fit le siège et la conquête. Ce furent Mahomet II et ses snccesseurs, surtout Soliman, qui rendirent à la ville de Consiantinople sa population et sa splendeur (Voir Antiquitales Constantin(h' poiUanœ: Pertuisier, Promenades pittoresques dans Coustantinople; Viagyio di Venezia à Constantimpley Venegia, 4541.
obéissent au sceptre du successeur des Califes? Examinons s'il est possible d'amener entre ces religions une paix sans laquelle la paix politique n'aurait ni portée, ni conséquences heureuses et profitables. Faisons donc le dénombrement de ces religions ; voyons quelle est leur influence sur les intelligences^ sur les mœurs, les aspirations politiques, sur l'avenir. Je crois avoir dit assez nettement ma pensée sur Tislamisine au point de vue religieux, pour pouvoir ne pas être taxé de partialité dans le jugement que je vais porter.
La religion musulmane ne reconnaît pas de clergé en principe ; car on ne peut appeler clergé les derviches qui agissent sur la partie superstitieuse des populations ignorantes et amoureuses du merveilleux, mais qui ne s'occupent ni des consciences, ni de la direction des intelligences. Ce sont des moines, ou mendiants ou contemplateurs, adorant Dieu, les uns avec des danses monotones et au son d'une musique doucement mélancolique, les autres avec des contorsions ou des hurlements que le christianisme du continent européen a depuis longtemps repousses de son sein, et qui ne se retrouvent en Amérique que chez quelques sectes méprisées du protestantisme. 11 n'y a pas de clergé musulman, en ce sens que chaque fidèle croyant s'adresse à Dieu sans intermédiaire. Il n'y a poiut de culte obUgatoire et commun. Chacun prie Dieu où il se trouve ; chez lui, en plein air, à la chasse, en voyage; mais les Musulmans fréquentent assidûment les mosquées quand ils peuvent le faire, et leur religion appa-