‹ Chrétiens et TurcsChapitre 114 sur 119 · IV.— LA GUERRE SUR LE DANUBE · texte numérisé non relu

IV.— LA GUERRE SUR LE DANUBE

Tinrent trouver Omer-Pacba. Les alliés appelaient le serdar à faire une diversion sur le Pnith^ afin d'occuper les Russes sur leurs frontières pendant Texpédition dç Crimée. Omer-Pacha parut impatient d*exécuter ce plan : au fond^ la tâche qu'on lui proposait lui souriait peu. tl s^agissait d'une opération des plus difQciles. Omer-Pacha n'avait pas quarante mille hommes disponibles^ le reste avait repassé le Danube^ et une partie avait été échelonnée sur Varna^ afin d'être prête à aller rejoindre les généraux en chef de Tarmée alliée devant Sébastopol. Ses troupes étaient mal vêtues^ mal chaussées; les pluies torrentielles de Tautomne avaient défoncé les chemins^ et Tartillerie pouvait à peine se mouvoir. D'ailleurs Omer-Pacha craignait de compro* mettre, en attaquant les Russes dans des conditions dé-^ favorables, la réputation qu'il s'était acquise. Il se seu'tait et se disait mal à l'aise pour agir au milieu des troupes autrichiennes, et Tesprit des officiers de cette armée le préoccupait et l'inquiétait. Cet esprit était presque entièrement favorable aux Russes ; la nouvelle des batailles d'Alma et d'iokerman avait été reçue avec froideur et sans aucune marque de sympathie pour les héroïques efforts des alliés, cr L'armée autrichienne^ disait Omer-Pacha, n'est pas belligérante, elle n'est même pas dans une attitude hostile vis-à-vis des Russes. Ses cantonnements ne sont pas ceux d'une armée prête à résister à un ennemi. Les troupes sont distribuées dans les viQes, les bourgades et les villages^ non pas stratégiquement, mais uniquement au point de vue du

bîen-ètre du soldai. Deux régiments de cosaques enlèveraient sans la moindre difficulté tout l'état-major autrichien de Jassy^ feraient une razzia sur les villages^ et auraient repassé le Pruth avant que les Autrichiens eussent le temps de se reconnaître. Les officiers russes viennent de Reni àGalatz passer la nuit avec leurs maitresses ou leurs amis^el quand on demande des explications au général Augustini^ qui commande à Galatz, il répond que ce n'est pas de la politique^ et qu'il ne s'agit que de galanterie! C'est fort bien^ mais les Russes connaissent tous nos mouvements. »

Malgré toutes ces objections^ le serdar se décida à faire partir Sadyk-Pacha avec une partie de Tavantgarde commandée par Ahmed-Pacba^ qui se tenait à Ibraîla, et il lui ordonna de prendre position sur le Sereth, à Haximéni^ village traversé par cette rivière, el d'où Omer-Pacha avait l'intention de faire des pointes le long du Pruth. Sadyk-Pacha» et après lui Ahmed- Pacha, rencontrèrent pour leurs mouvements les plus grands obstacles de la part du commandant militaire autrichien, baron Augustini, et la plus curieuse des correspondances fut échangée a cette occasion. Dans une de ses lettres, le général Augustini défend formellement à Sadyk-Pacha d'envoyer des soldats turcs à Galatz. De son côté, le général Coronini semait d'entraves et de difûcultés les mouvements d'Omer-Pacba, qui s'en plaignait amèrement, mais qui au fond était bien aise, on {>eutle soupçonner, de se voir hors d'étal de faire la diversion qu'on lui demandait. On eut

Page 1