‹ Chrétiens et TurcsChapitre 115 sur 119 · IV.— LA GUERRE SUR LE DANUBE · texte numérisé non relu

IV.— LA GUERRE SUR LE DANUBE

cours à Vienne. Là on déclara que le cabinet autrichien ne s'opposait nullement à la marche d'Omer-Pacha : on fit mieux> on lui traça de Vienne même la route qu'il devait suivre, et on lui enjoignit de prévenir de ses mouvements le commandant en chef autrichien.- Omer-Pacha, avec tous les dehors de la plus vive contrariété, prouva très-bien, d'après le sentiment des officiers européens qui l'entouraient, que la route qu'on lui assignait était matériellement impraticable. « Ce qu'on me demande, ajoutait-il, est contraire à toutes les lois de la guerre. Quelque honorable que soit le caractère du comte Coronini, il dit bien haut que son pays n'est point en guerre avec la Russie, que tant que les Autrichiens occuperont les Principautés, la guerre est impossible dans le centre de l'Europe ; il est en correspondance suivie avec le prince Gortchakof, il le dit trés-nettement. Comment puis-je mettre ce général en chef dans la confidence de mes vues et de mes desseins ? »

Le serdar comprenait que les Autrichiens ne voulaient permettre à aucun prix une collision entre les Turcs et les Russes sur le Pruth, parce qu'ils ne voulaient à aucun prix être entraînés dans la guerre. M. de Bruck, peu habitué à cacher sa pensée, disait dans le même temps à Constantinople que, tant qu'il aurait Thonneur d'y représenter son pays, pas un seul Turc ne pourrait marcher vers le Pruth. Sur ces entrefaites, et pendant le vif des discussions entre le serdar et le comte Coronini, le traité du S décembre 1854 fut

signé à Vienne^ et une de ses premières conséquences fut le départ du serdar avec la plus grande partie de ses forces. Orner-Pacha quittait les bords du Danube pour la Crimée^ et pour l'Asie où sa réputation militaire ne s'est pas soutenue et où il n'a pas pu empêcher Kars de tomber au pouvoir des Russes commandés par Hurawieff.

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