I.— LES RELIGIONS ET LES RACES
sultan Mahmoud; Tau tre Dervich Hassan EfTendi, étranglé à Janina par ordre et sous les yeux du grand vizir Recbid Mehemet-Pacha. Elle avait eu de son second mari un fils musulman qui était instruit des dogmes de la religion chrétienne et qu'elle avait élevé dans un grand esprit de tolérance. Il jurait souvent par les quatre Évangiles. De pareils cas sont extrêmement fréquents en Turquie et devraient servir d'exemple à la Suède.
Les musulmans se divisent en sunnis ou orthodoxes, et schiah ou schismatiques. Les premiers sont en bien plus grand nombre. Les schismatiques de Tempire ottoman se rencontrent en Syrie près de Tyr et de Balbec ; ce sont les métaoulis qui, à Fexemple des Persans, reconnaissent Ali pour le véritable successeur de Mahomet. En Mésopotamie, dans la province de Bagdad, vers les frontières de la Perse, à côté des sunnis et des métaoulis, se trouvent les nombreuses sectes non chrétiennes de la Syrie, de la Cilicie, de la Mésopotamie, qui sont aussi des schismes de Tislamisme. Tels sont les Bruzes, les Ansariés, les Yézids ou Cadmoussins'. Sans avoir rien de commun avec les chrétiens, ces populations ont quelques pratiques qui rappellent les nôtres, et bien que souvent maltraitées par les gouverneurs turcs, elles n'ont iias d'éloignement pour Tislamisme, qui n'a pas cherché à s'immiscer dans leurs affaires religieuses.
> AÎDSÎ que je Taî dît dans la préface, je me propose de consa- •rer on volume k la Syrie et au Liban.
Les Ansariés sont une population agricole, laborieuse, forte, habitant un pays fertile entre Latlaquié et Tripoli, 8*étendant jusqu'à Tarsons, et chez laquelle des Toyageurs anglais ont annoncé une riche nnoisson à missionnaires. Les voyageurs et les missionnaires anglais croient, en effet, que tous les sectes dissidentes du catholicisme et de Tislamisme ont de la tendance à se rapprocher du protestantisme, et c'est dans leur sein que les missions proleslanles font du prosélytisme avec un succès douteux.
On peut dire d'une façon générale que TAsie et T Arabie sont le domaine de l'islamisme, dont le siège prin*^ cipâl est à Constantinople, la résidence des sonrerains des deux terres et des deux mer$, et d'où est presque toujours partie l'impulsion musulmane. En Europe, les chrétiens sont en plus grand nombre que les musulmans; parmi ces derniers, on ne compte pas plus de huit cent mille Osmanlis*; le reste se compose d*Albanais, de Bosniasques, contertis à l'islamisme, mais qui ne sont pas de race turque.
Cependant, malgré ces divergences et ces variétés, rislamisme a une supériorité numérique imposante dans l'Empire; déplus, Tasccndant spirituel du sultan ne s'arrête pas aux limites de son propre empire, et lors do lu dernière guerre avec la Russi , on vu Tislamisme s'émouvoir et s'armer jusque dans le Maroc pour la défense du successeur des califes.
* Voir à l'Appendice la noie sur les populations de la Turquie d*Etirope. Voir aussi le livre II.