‹ Chrétiens et TurcsChapitre 17 sur 119 · I.— LES RELIGIONS ET LES RACES · texte numérisé non relu

I.— LES RELIGIONS ET LES RACES

En vain on ravertii de se rétracter^ rien ne put lui faire changer de langage ; on fut forcé de l'arrêter et de le mener devant le mufti. Là il répéta d'un air délibéré ce qu'il avait tâché d'inculquer au peuple^ et soutint par les plus forts arguments^ et par le parallèle de TAlcoran avec TÉvangile, que la doctrine chrétienne et ses préceptes remportaient infiniment par leur excellence sur la foi des mahomélans. On le pressa de nou- Teau de renoncer à son opinion ; on intéressa même l'amour-propre en lui remontrant qu'une vie sainte comme la sienne ne semblait pas compatible avec son apostasie^ et que la réputation de vertu qu'il avait acquise allait être souillée par un travers qui ne pouvait être lavé de la tache d'erreur: il méprisa les exhortations comme les menaces^ et demeura ferme sans Tooloir démordre de son sentiment; de sorte que l'empereur ne put refuser l'ordre qu'on lui demanda de lui couper la tête. A son occasion, un édit fut publié^ par lequel la peine de mort était dénoncée contre quiconque oserait^ même sous couleur de dispute^ donner à la doctrine de Jésus-Christ la préférence sur celle de Mahomet, d Évidemment^ cet édit-là est rapporté par la publication du dernier édit du sultan. Sous le règne d'Achmet 11^ Misri-Effeodi, scheik de Brousse^ comiK)sa et fit chanter dans les mosquées des poésies sacrées dans lesquelles les musulmans virent un rapport trop marqué avec le mystère de l'incarnation; mais^ comme descendant du Prophète et portant le turban vert^ il ne fut pas inquiété. U devait sa sécurité précisément à ce

qui^ aux yeux des fldèies^ rendait la faute impardonnable K Désormais^ s'il plait à Dieu d'inspirer à un musulman éclairé et éloquent la sainte folie de la croix, il pourra s'essayer à soulever les populations mabométanes de l'empire sans avoir même l'espoir de devenir martyr, à la condition, toutefois, d'être à la portée des drapeaux ou des vaisseaux européens. Hais on ne doit pas compter sur une éventualité aussi extraordinaire^ et il n'est pas probable, d'après le cours bumain des cboses et dans l'état de foi bornée ou de scepticisme philosophique où se trouve maintenant l'islam dans l'empire ottoman, qu'il sorte de son sein un homme qui brise le croissant et plante la croix sur les mosquées. A défaut de ces moyens extraordinaires, prenons ceux qui sont en Turquie en plein exercice, si l'on peut ainsi parler, et voyons quels peuvent être leurs résultats à l'égard de l'islamisme, maintenant que les cultes chrétiens peuvent ajouter à la tolérance des Osmanlis l'intérêt avoué et actif que leur porte l'Europe. L'empire ottoman est couvert de missionnaires, catholiques, calvinistes, épiscopaliens, etc.; et il leur est permis de prêcher parmi les populations chrétiennes ou celles qui, comme les Druses et les Ansariés, ne sont ni chrétiennes ni musulmanes, et dont la religion offre encore des mystères, malgré les profondes études d'orientalistes éminents. Ces missionnaires vont-ils prêcher l'Évangile parmi les musulmans

> Voir à i*Âppendice la note sur Misri-Effendi.

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