‹ Chrétiens et TurcsChapitre 20 sur 119 · I:-LES RELIGIONS ET LES RACES · texte numérisé non relu

I:-LES RELIGIONS ET LES RACES

Quelles vues mondaines peuvent avoir de pauvres missionnaires latins comme ceux qui sont en Orient? Comparez leurs couvents enfumés^ leurs robes de bure^ leur corde autour des reins, leur maigre ordinaire, avec les bonnes et confortables maisons des missionnaires protestants^ leurs aises, leur luxe, leur douce vie au milieu de leurs femmes et de leurs enfants, et le dénûroent des uns avec les gros salaires alloués par la Société biblique^ on s'apercevra du premier coup de quel côté se trouvent les vues mondaines I »

Malgré ma préférence toute naturelle pour les mis* sionnaires latins, j'admets que les protestants soient aussi bien traités qu'eux; je reconnais que le musulman a droit à la même liberté de conscience, qu'il ne doit pas' être violenté; et je crois même que le gouvernement ottoman sera dans son droit s'il se défend légalement contre des empiétements qui peuvent le menacer ; en un mot, il me semble que l'islamisme a bien droit à être aussi bien traité que les cultes chrétiens au point de vue politique. Il faut donc un concordat sur cette épineuse questicm entre toutes les puissances intéressées, un concordat qui n'arrête pas, mais qui tempère et réglemente le courant des idées chrétiennes et occidentales en Orient. Sans un semblable concordat la confusion et l'aigreur régneront à Constantinople, et le désordre en sera la conséquence pour le reste de l'Empire. 11 est superflu de dire qu'un pareil acte ne saurait être fait qu'après avoir examiné la question sous ses nombreuses faces.

Ceci nous amène tout naturellement à nous occuper des différentes races qui couvrent le soi de Tempire ottoman^ et à compléter par quelques développements les détails dans lesquels nous sommes déjà entrés, touchant leur organisation religieuse et les ressources de leur culte. Les difficultés politiques ou administratives qui résultent pour les Turcs de leurs rapports avec les différentes races chrétiennes qui obéissent au sceptre du sultan sont très-grandes, sans doute, mais elles le sont moins que celles qui naissent de la question religieuse. Toutes les communions chrétiennes sont hostiles à risl^misme et aux Turcs en tant que musulmans. La religion est un drapeau autour duquel se réunissent tous les chrétiens! Les races les divisent et les présentent aux Turcs bien plus affaiblis qu'on ne le pense. Si les quatorze millions de chrétiens qui sont dans l'empire ottoman étaient d'une seule race, Tédit du sultan aurait pu être considéré comme un coup mortel porté à Tempire turc, bien plus, il y a longtemps qu'ils auraient, de fait, rendu Tédit inlitile. Au lieu de cela, il va y avoir de grands changements, sans doute, et derrière cette magnifique enseigne de l'empire ottoman on pourra voir, si Ton sait observer, avant longtemps, tout autre chose que ce qui a existé pendant des siècles; mais, grâce à la diversité des races, à la rivalité ou à l'antipathie qui régnent entre elles, les Osmanlis peu-

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