‹ Chrétiens et TurcsChapitre 23 sur 119 · I.— LES RELTGIOXS ET LES RACES · texte numérisé non relu

I.— LES RELTGIOXS ET LES RACES

Arméniens, des Serbes, des Moldo-Valaques, de fonder, pour ainsi dire d'un seul coup, un grand royaume chrétien qu'appellent de leurs yœux des esprits très-distingués, très-éminents même, des cœurs nobles, mais qui laissent un peu trop de place dans cette grande question à l'enthousiasme, à des aspirations généreuses mais d'une application à peu près impossible. On dit que les Turcs ne peuvent plus subsister en Europe, parce que l'élément grec y est trop considérable et trop puissant pour ne pas devenir un jour supérieur à l'élément musulman et entraîner la chute de l'empire turc en Europe. Les Grecs, ajoute-t-on, sont au nombre de dix à douze millions; les Turcs peuvent-ils résister à une population qui leur est supérieure dans une proportion si écrasante? Ces arguments ne sont pas solides, et il suffltd'une distinction pour en montrer la faiblesse. Il y a, il est vrai, dans la Turquie d'Europe, douze millions de chrétiens et peut-être davantage qui sont du rit grec et qui reconnaissent le patriarche de Constantinople pour chef spirituel, mais il s'en faut de beaucoup que tous ces chrétiens soient des Grecs. Bien mieux, les Grecs, même dans la Turquie d'Europe, sont loin d'être la population chrétienne la plus nombreuse. Un aperçu de la statistique des populations chrétiennes de la Turquie d'Europe le fera voir clairement. Il y a plus de quatre miUionsde Roumains dans les Principautés, près de quatre millions de Bulgares, plus d'un million de Serbes ; il y a les Bosniaques, les Monténégrins, enfln il y a les Yalaques de la Hœsie, de la Macédoine et de

eO CURÉTIEXS ET TURCS.

rÉpîre, dont était le général Colettis, qui sont au nombre de huit cent mille âmes environ. On donne également le nom de grecs à des Albanais chrétiens qui ainsi que les Albanais musulmans^ dont l'apostasie est comparativement récente, sont d'une autre race que les Grecs. Ce qui rend l'élément purement grec plus menaçant que les autres pour la Porte ottomane, c'est sa supériorité intellectuelle, son organisation ecclésiastique, la richesse de ses couvents ^ et c'est l'action que la Russie a toujours exercée sur les Grecs et par eux sur les autres populations rendues faciles à soulever par la mauvaise administration turque. Il faudrait donc paralyser l'action de la Russie sur les Grecs et sur les autres populations chrétiennes de l'empire ottoman, ou au moins l'empêcher de l'exercer avec prépondérance. Pour atteindre ce but il faudrait que la Porte rendit ces populations assez heureuses pour leur faire perdre l'habitude de considérer les Russes comme des libérateurs. Mais avant d'indiquer les moyens politiques et administratifs que la Porte peut employer, nous allons examiner la situation des diverses nationalités chrétiennes.

Nous parlerons dans un autre livre des Roumains avec assez de développement pour être bref sur leur compte dans celui-ci. Tout le monde sait aigourd'hui que les Holdo-Valaques sont une population mélangée de colons latins, de Daces, de Slaves, et sur laquelle les Tartares et les Grecs ont laissé des traces encore profondes. Bien

« Voir livre V : Us Priocipantés iTUit et kprès U gaem.

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