I.— LES RELIGIONS ET LES RACES
rielle bien inférieure à celle des couvents de Valachie \ Us ne se soutiennent que par les aumônes et les dons faits aux jours de fêle. Les moines n'ont aucune instruction. La Bulgarie est divisée en six métropoles et cinq évéchés. Les métropoles sont : Sophia^ qui était la capitale des anciens princes de la Bulgarie, et dont le seul diocèse compte douze couvents. Nissa, près la frontière serbe. Autour de cette ville est une population chrétienne compacte non mélangée de musulmansqui ne sont que disséminés et en très-petit nombre. Cette population est administrée par ses propres municipalités^ et aspire à avoir un gouvernement semblable à celui de la Serbie. Non loin de Nissa se trouve la plaine de Cossovo, qui a donné son nom ^ la terrible bataille où périt le royaume des Serbes. Tournovo, la résidence des derniers princes bulgares et de Texarque actuel ou premier archevêque de la Bulgarie. Schoumla, la forteresse des Balkans. Widdin, la ville musulmane la plus forte de la Bulgarie et dont le Danube baigne les remparts. C'est à Widdin que le fameux aga Hussein- Pacha, ancien aga des janissaires et le principal lieutenant du sultan Mahmoud dans la destruction de cette fameuse milice, a fini sa longue et heureuse carrière. Silistrie^ illustrée par son siège. Les évéchés sont : Vratza, Lovetz, Roustchouk, Varna et Mielkovvnik. Ces onze diocèses ont des Grecs pour chefs. Les prêtres sont des Bulgares, de condition inférieure, d'une igno-
' Voir livre V : les PrincipatUés avant et après la guerre.
rance profonde, inarié?, consacres après le mariage- Quand un jeune homme a appris à chanter quehfues psaumes et à réciter quelques prières^ qu'il s'est exercé à manier Tencensoir et à se prosterner devant les saini( s images^ rien ne s'oppose à ce qu'il soit ordonné prêtre et confirmé par Texarqne. S'il commet quelques fautes on lui râpe la barbe et il rentre dans la yie laïque. Il vit de la vie de son troupeau, fréquente quelquefois le cabaret avec ses ouailles, et fume assis sur la pierre des tombes qui entourent son église, ayant sa femme et ses enfants à ses côtés.
On peut évaluer à quatre-vingt-dix le nombre des églises de la Bulgarie. Les archevêques et les évêques ne peuvent fas être Bulgares. Les Grecs seuls, malgré les plaintes réitérées des Bulgares, peuvent devenir des dignitaires de l'Eglise en Bulgarie. Le seul chef ecclésiastique bulgare est à la tête de la paroisse de Constantinople. I^es Bulgares, chez lesquels s^agitent Tesprit de nationalité et un grand désir de s organiser, et qui, il y a queI(|uos années, se réunissaient par masses sur difTércnls points de la Bulgarie, et notamment autour de Sophin, pour obtenir des concessions de l'autorité musulmane, demandent aussi laclassiQcationdes paroisses, dos salaires fixes, un tarif pour les baptêmes, les mariages et les décès. Les taxes pour ces différentes phases de la carrière du chrétien sont laissées à l'arbitraire des prêtres, dont elles forment Tunique revenu.
L'évéque accorde l'autorisation de les prélever aux prêtres de son diocèse et perçoit de ceux-ci chaque