I.— LES RELIGIONS ET LES RACES
mois une somme convenue. En outre^ le prélat fait une tournée diocésaine tous les trois ans et prend de chaque maison une contribution dont le minimum est d'un franc (six piastres turques). Quelques évéques acquèrent par là des sommes considérables qu'ils font porter en Grèce à leurs parents ou aux lieux de leur naissance. Peu soucieux de leur réputation dans les provinces de l'empire turc qu'ils habitent^ les Grecs^ soit ecclésiastiques, soit civils^ semblent n'avoir d'autre but que de faire bénéficier leur patrie de leurs richesses ou de leur pouvoir ; ils n^attachent d'impoiiance qu'à l'estime de ceux qui liabitent le sol où ils sont nés ; il ne faudrait cependant pas appliquer ce jugement aux Grecs domiciliés en Occident, en Russie^ en Autriche, en France, et qui ont été les bienfaiteurs, presque les soutiens de la patrie grecque, bien qu'ils fussent presque tous des hétérochthones ; mais c'étaient, en général, des hommes d'un esprit cultivé. On ne compte pas dans toute la Bul* garie plus de trente et une écoles chrétiennes pour garçons et filles. On y enseigne les langues bulgare^ grecque et turque, mais cette dernière langue ne fait pas nécessairement partie de l'instruction ; les écoles ainsi que les églises, sont dues à des fondations pieuses et particulières, et par conséquent ne sont point réparties d'une manière égale entre les villes et les villages. Le Ciitholicisme ne compte pas plus de 10,000 fidèles dans toute la Bulgarie. Ils se trouvent à Wieska, près du Danube, où toute la population est catholique, dans
le village de Treukovitza, à Oraz, et dans le village do
Lutza. A Oraz, il y a une belle église catholique. C'est l'Autriche qui exerce le protectorat et Tinflueuce religieuse sur les Bulgares au moyen de prêtres qui lui sont tout dévoués, et dont l'autorité sur leurs ouailles ne connaît pas de bornes. Ils jugent seuls les diflërends et excommunieraient tout Bulgare qui aurait recours à l'autorité musulmane et civile.
I^ paysan bulgare est libre de ses mouvements et peut acquérir les terres qu'il a cultivées ou la ferme qu'il a bâtie, en entrant en arrangement avec le gouvernement; moyennant une somme très-minime, il est mis en possession d'un document qui constate sa propriété et indique la quotité de l'impôt qu'il doit acquitter. Quand il a acquitté Timpôt, il peut jouir de son indépendance, du moins en principe. Mais l'administration en Bulgarie a donné lieu à des plaintes extrêmement vives et je me rappelle avoir lu, en 1853, les lettres écrites par un agent anglais qui n*hésitait pas à déclarer que la Russie avait raison dans les accusations qu'elle portait contre l'administration ottomane dans cette province*. Aussi les Bulgares demandent-ils toujours des réformes, et disent-ils qu'eux aussi ont eu de la Porte Ottomane, à réi)oque de leur annexion, des Grmans qui leur garantissaient des privilèges depuis longtemps inobservés par les Turcs. C'est là, il est vrai, le langage que tiennent toutes les nationalités chrétiennes en Orient, ce qui prouverait que la con-
> Voir le livre III.