‹ Chrétiens et TurcsChapitre 28 sur 119 · I.— LES RELIGIONS ET LES RACES · texte numérisé non relu

I.— LES RELIGIONS ET LES RACES

var), avait élé envahie par les Goths^ fli passer les légions et une partie des colons romains dans la Hœsie. Ces colons romains restés tantôt sous la domination romaine, tantôt sous celle des Barbares, s'unirent aux Bulgares et formèrent un royaume qui subsista jusqu^à la mort du roi Samuel. Ils tombèrent alors sous la domination grecque. VersIecon:mencement du xi* siècle, Pierre et Hasan, deux frères valaques du mont Hemus, soulevèrent les Valaques contre les Grecs, s'unirent aux Bulgares, et après avoir plusieurs fois battu les trou|>es d'Isaac TAnge, Hasan fut proclamé roi des Valaques et des Bulgares. Ce nouveau roi battit plusieurs fois Tarmée grecque commandée par le duc Aspiate Sebastocrator , Basile Fataties, en 1193, et Isaac TAnge lui-même. Après la mort de Hasan, la couronne passa à Jean, frère cadet de Hasan, qui remporta plusieurs victoires sur les Grecs et les Latins, et fit pri- •sonnier Baudoin, comte de Flandre. Le pape Innocent m envoya à Jean un légat pour le sacrer roi de Tbessalie, de Macédoine, des Bulgares et des Valaques. Innocent UI complimentait ce roi de ce qu'il descendait des Romains ainsi ({ue son peuple .

Plusieurs écrivains modernes et contemporains ont confondu les Valaques avec les Bulgares, et leur ont donné le même nom; mais aucun auteur byzantin, illyrien, hongrois ou valaque, n'a commis cette erreur. Chalcondylas, entre autres, affirme non-seulement que les Valaques parlaient la langue latine quoi(|ue corrompue, mais qu'ils avaient les mêmes mœurs, les mêmes

costumes et les mêmes armes que les Romains. Aujourdliui ils sont établis^ ainsi que je l'ai dit plus haut^ en Macédoine, dans une partie de la Bulgarie^ et même en Thessalie et en Épire. Les principaux négociants de cette nation sont sous l'influence des idées grecques et se font un mérite de parler le grec en public ; chez les habitants de la campagne l'influence grecque est beaucoup moins grande et la langue, les mœurs, le sentiment de la nationalité se sont bien mieux conservés.

Les Grecs de Constantinople emi)loient une partie des revenus des monastères de la Valachie et de la Moldavie pour établir des écoles grecques sur les difl'érenls points habités par les Valaques, et maintenir des prêtres grecs qui disent la messe dans une langue que les paysans valaques ne comprennent pas. Ces Yalaques macédoniens sont presque tous établis dans les défilés de la Thessalie. Ainsi Mezzovo, qui e^t la clef du défilé qui est entre TÉpire et la Thessalie, a une population toute valaque. Lors de la dernière insurrection grecque pendant la guerre avec la Russie, c'est à l'altitude et à la fidélité des Valaques macédoniens que la Porte a dû de venir plus facilement à bout des insurgés. Les Serbes, les Bosniaques, forment des nationalités également distinctes. Bien que Slaves, ils n'ont aucun lien politique avec les Bulgares, et ils en diffèrent essentiellement par le caractère. Les premiers sont belliqueux elle courage les unit autant que le sang et la langue. Ils méprisent les Bulgares, les appellent lâches, et n'ont de relations avec eux que dans l'espérance de pouvoir s'en servir un

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