‹ Chrétiens et TurcsChapitre 30 sur 119 · I.— LES RELIGIONS ET LESJ RACES · texte numérisé non relu

I.— LES RELIGIONS ET LESJ RACES

l'empire ottoman. La Porte pourra maintenir son droit de donner la plupart des hauts emplois de l'administra • tion à des Osmanlis, mais elle ne saurait échapper tôt ou tard à la nécessité d'avoir des ministres chrétiens à côté des ministres musulmans. Ainsi elle devra avoir un ministère des cultes et de rinstructiou publique pour le3 chrétiens. Jusqu'ici les chrétiens^ n^ayant pas de droits politiques,, n'avaient ancua compte à rendra au gouvernement ottoman de leurorganisaiipn intérieure. On leur demandait le payement des contributions et c'était tout. Hais ep accordant l'égalité apx chrétiens^ la Porte aura le droit et le devoir de connaître désormais quelle éducation estdonnée^ quelles doctrines août enseignées à des siyets qu'elle élève au rang de çitoy en9« La surveillance exercée par la Porte sera la mesurai de la sincérité de «es vues à l'égard des chrétiens.

Le ministère ottoman^ s'il est sincère dans çe^ pro^ messes de réforme, voudra sans doute intprveuiri au point de vue politique^ dans l'éducation publique et religieuse des sujets chrétiens du sultan; s'il montre la même incurie qi^e dans le passée c'est qu'il compte s'assurer la sécurité en continuant d'exclure les chrétiens des nouveaux droits qui leur ont été concédés. )Iais, dira-t-on, comment faire un ministère des cultes et de l'instruction publique en Turquie avec la diversité des races et des religions ? Nous pensons qu'il n'y a là qu'une difficulté, apparente. Ce ministère est possible et il me parait même indispensable pour l'avenir de la Turquie^ mais aux conditions suivantes : ce serait un

département ministériel avec des directeurs chrétiens pour chacun des cultes^ et chaque directeur travaillerait directement avec le grand vizir, qui serait assisté, quand il le jugerait à propos^ par un conseil composé des chefs spirituels de chaque race ou communion, ou de leurs représentants quand .ces chefs spirituels, comme les patriarches des Arméniens catholiques, des Arméniens séparés, des Maronites, résident à Bezoummar, dans le Liban, à Sis eo Cappadoce ou à Kanoubin dans le Haut-Liban. C'est au moyen d'un pareil conseil composé de directeurs généraux laïques ou d'ecclésiastiques que le gouvernement ottoman pourrait arriver à mettre à exécution les réformes demandées depuis si longtemps par les populations concernant le5 allocations faites au clergé et qui sont aujourd'hui laissées à l'arbitraire des évoques, notamment dans les communions séparées du saint-siège. Ce conseil procéderait à la classification des paroisses, fixerait le chiffre des redevances à Tégard desévèquesetdes prêtres, établirait un tarif pour les baptêmes, les mariages, les décès, et ferait cesser à cet égard l'arbitraire et les abus qui en sont la conséquence. Pour ce qui concerne le spirituel, chaque culte et chaque communion garderaient l'entière liberté dont ils jouissent tous aujourd'hui. Le gouvernement turc n'interviendrait que pour exécuter les décisions.

On pourrait faire pour les finances ce que nous pro-« posons pour les cuites, et des directeurs généraux seraient nommés pour chacune des nationalités non

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