‹ Chrétiens et TurcsChapitre 31 sur 119 · I.— LES RELIGIONS ET LES RACES · texte numérisé non relu

I.— LES RELIGIONS ET LES RACES

musulmanes, sous la haute direction du ministre des finances.

La création d'un ministère de la justice eût été la oonséquenee du nouvel édit du sultan, mais la Porte Ottomane s'est contentée d'instituer un fonctionnaire supérieur ayant presque le rang de ministre, et qui est chargé d'exécuter les sentences des deux cadilaskiers. On ne doit pas se dissimuler que l'administration de la justice laisse beaucoup à désirer dans l'empire ottoman; tous les sujets du sultan sont censés égaux devant la loi musulmane et les tribunaux sont mixtes, c'est-à-dire qu'ils sont composés du gouverneur civil, d'un cadi ou juge nommé par le gouvernement central, du mufti ou chef de la loi musulmane, des évoques des autres religions, s'il y en a qui résident dans la Yllle, et d'un membre de chacune des nationalités élu par ses compatriotes et confirmé par le pacha. Un pareil tribunal offre bien certaines garanties, et quand les causes sont entre des sujets du sultan non musulmans, la justice est généralement assez bien rendue; mais régalité doit tendre à disparaître quand un musulman et un chrétien se présentent pour faire vider leur différend devant un tribunal dont les principaux membres sont le pacha, le defterdar ou contrôleur et receveur général des finances, le cadi et le mufti.

Il y a donc lieu à modifier l'organisation de la justice en Turquie, et les réformes ne sauraient s'arrêter à la nomination d'un ministre de la justice, quelque éminent qu'il soit. Il faut une loi écrite, plus claire que le

Coran^ moins élastique^ prêtant moins aux équivoques. Il faut la publicité des audiences et une égalité non plus nominale^ mais réelle, pour tous les sujets du sultan devant la loi. Pour atteindre ce but^ il fai^ mettre à exécution le grand principe : a A chacun ses juges naturelS; » et créer des tribunaux composés de juges chrétiens pour les chrétiens^ et mixtcs^c'est-^i-dire moitié de juges musulmans et moitié déjuges chrétiens quand le différend sera entre un musuhnan et un chrétien. Lbl publicité des audiences est aussi nécessaire. Enfin, une cour supérieure d'appel devrait être établie à Constantinople et composée d'autant de conseillers qu'il y a de communautés ou de nationalités diverses en Turquie. Telles sont, en résumé, les principales réformes que nous proposons pour ce qui concerne les cultes, les finances, la justice, mais qui courraient cependant risque, même avec les meilleures intentions, d^avoir des résultats bien incomplets si le gouvernement turc ne se décidait à avoir des inspecteurs chrétiens et musulmans en nombre égal, choisis avec le soin le plus scrupuleux, recommandables par leur caractère autant que par leurs lumières, rétribués comme dés fonctionnaires de premier rang et qui devront rendre un compte exact de leurs missions devant le conseil des ministres. Le sultan donnerait la plus haute sanction morale aux services de ces inspecteurs aux yeux de l'Europe, si dansées occasions solennelles il présidait lui-même le conseil des ministres.

L'introduction des chrétiens dans Tarmée ottomane

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