I.— LES RELIGIONS ET LES RACES
rebours de ce qui se pratiquerait dans l'admiDistration où nous conseillons la division des diverses races, comme les Druses et les Maronites ont été séparés dans le Liban^ nous pensons que la Porte^ tout en conservant aux contingents chrétiens composés de soldats d'une seule communion des officiers et des prêtres de leur nationalité et de leur religion^ pourrait les unir à des contingents musulmans et former ainsi des régiments qui seraient ottomans et non pas bulgares, serbes, grecs, Talaques, mais où chacune de ces nationalités serait représentée. L'armée serait la grande école de discipline et de conciliation des races. Elle serait un grand essai d'homogénéité * .
Cette organisation, dont nous avons donné la rapide esquisse, pourra-t-elle maintenir l'empire ottoman et donner un démenti aux esprits qui le croient condamné . à périr? Nous le croyons, nous l'espérons dans l'intérêt
1 Depuis que ces lignes ont éié écriles, nous avons lu dans un journal allemand que la Porie, cédant en6n au vœu des chrétiens, avait résolu de les appeler au service militaire, mais que les régiments composés dVIéinents chrétiens seraient employés d:ins des provinces exclusivement musulmanes. Dans ce cas, serail-il juste que les régtnienls fussent unit^uement commandés par «les odiciers supérieurs ottomans? Il faut éviter de fournir aux Turcs des occasioos d'affaiblir les chrétiens sous le prétexte de les appeler à Tégallté.
de la paix intérieure de Fempire^ de la paix européenne, de la civilisation même qui s'avance plus sûrement par étapes successives que par des bonds imprévus et souvent terribles. Il nous semble qu'après la lecture de ce livre dans lequel nous avons été guidé par une entière impartialité; le lecteur reconnaîtra combien il est difficile de remplacer l'empire turc par un royaume chré* tien. La race turque se trouve être encore le lien nécessaire entre les diverses communautés chrétiennes. D'asUeurs, l'Occident a plus d'intérêt a conserver la base actuelle du pouvoir en Turquie qu*à la changer. La tolérance religieuse qui règne aujourd'hui dans tout l'empire, l'égalité qui y est maintenue entre les diffé* rents cultes chrétiens, seraient-elles respectées au même degré si un gouvernement chrétien était substitué à un gouvernement musulman ? Les catholiques, dont le nombre est si inférieur, et à qui l'on doit cependant d'avoir si fort contribué à conserver dans sa pureté la religion chrétienne dans des contrées qui seraient encore dans la barbarie sans nos missionnaires, seraient-ils bien assurés de continuer à jouir de la protection qui leur a été accordée jusqu'ici*?
* Il nVst que jasle de dire que le clergé grec est en général ta* lérant et l*auieur de la Lettre sur VElat de la Turquie et la crine aetueUe, 4853, a pu dire avec raison-: « Chez ers grecs accusée d*intolérance, vous trouverez dans les cimetières, à côté des églises, dans les localités privées autrefois de chapelles caiholtques ou prolestantes, les tombes des voyageurs de ces rites, assistés à leurs derniers momenis par le clergé grec, qui leur rend les derniers devoirs et récite des prières sur leurs tombes. » J*ai moi*