LES RELIGIONS ET LES RACES
L'équilibre que les alliés ont établi en Orient par la dernière guerre ne serait-il pas immédiatement menacé et rompu? La création d'un royaume où l'immense magorilé de la population serait de la religion grecque ne donnerait-elle pas une force nouvelle à la Russie^ qui étend déjà son influence morale jusque sur la Méditerranée par les populations slaves dissidentes de PAdriatique?
Au point de vue commercial^ que peut souhaiter de plus favorable TOccident que le régime en vigueur aujourd'hui dans l'empire ottoman, et qui offre de si grands avantages aux puissances manufacturières
même été lémoio de ces faits. Dans Tété de 4843, obligé de fuir le climat pestilentiel de Tarsous, j*élais venu m'établir dans le petit ▼illage non moins insalubre de Mersine, au bord de la mer. Les ièrres pernicieuses j sévissaient cruellement. Il j avait dans la rade plusieurs bAiiments français et sardes. Chaque jour il mourait de jeunes et robustes malelots qui n*avaieni ni les secours de la médecine ni ceux de la religion. Leurs camarades venaient me voir dans une petite chaumière que j*habilais et qui était élevée au-dessus du sol comme un colombier par quatre peupliers profondément enfoncés en terre. Ces constructions aériennes sont faites pour échapper aux insectes. On y arrive par un escalier ouvert. Ces pauvres matelots entouraient le lit où le délire d*une fièvre plus ardente que le soleil qui enflammait mon toit de planches de sapin et de feuillages me laissait peu de forces pour leur donner les consolations qu'ils venaient chercher près de mot. Ce qui les préoccupait le plus, c'était de voir leurs camarades portés en terre sans Tassistance d'un prêtre. J*eus recours au prêtre grec d'un village chrétien appelé Giaour^Keui^ et situé à une lieue de Mersine, et il prêta avec empressement son saint ministère à mes pauvres protégés. Ik reposent avec les autres nombreuses victimes de cet affreux climat dans les sables de Mersine ou sous les épais ombrages du village des infidèles, comme rappellent les Turcs.
comme TAngleterrâ; la France, l'Autriche. L'empire ottoman a de tastea ressourceii qui pouvaient derenir un péril pour le monde occidental si elles étaient tombées entre les mains de la Russie^ à Tépoque où cette Puissance était animée d^un esprit de conquête. La Turquie et la Russie sont les deux seuls pays qui |Mroduisent presque toutes les matières premières^ et c'est là une des raisons pour lesquelles toutes les puissances manufacturières ont un grand intérêt au maintien de rindépendance et de l'intégralité de l'Empire ottoman. La Turquie possède sur les versants des Balkans, du Taurus, des montagnes de Bosnie, d'admirables bois de construction; le bassin du Danube, la Macédoine, la Thessalie, la Bulgarie sont riches en céréales. La Turquie eiporte de Thuile en quantité, tandis que la Russie n'a que du suif ; enfin le fer et le cuivre sont excellents en Turquie. Que Ton juge du danger qu'eût couru l'Europe, si aux bois de la Baltique la Russie avait sgouté ceux des Balkans et du Taurus, aux céréales de la Podolie et de l'Ukraine les blés de la Thessalie, de la Hacédoine et du bassin du Danube ; à son fer et à son cuivre le fer et le cuivte de la Turquie. Au suif abondant de ses troupeaux les huiles bien plus recherchées de l'Asie et de l'Archipel. 11 est inutile de développer les conséquences d'uii pareil accroissement de forces dues au commerce et à l'industrie. Aujourd'hui que son indépendance a été garantie, la Turquie n'a d'autre amélioration à apporter à. son système de douanes qu\ine diminution dans les droit<« sur l'exportation, pour faci-