I.— LES RELIGIONS Et LES RACES
Uter la sortie des nombreuses et riches productions de son sol; dont eUe décuplera la valeur en le sillonnant de routes et de communications dont elle a un besoin argent et qu'elle a trop tardé à établir^
Ce n'est p^nt d'aujourd'hui que les hommes d'Ëtat se sont préoccupés de la possibilité de mettre en Turquie mtre choie que ce qui y est depuis le xv* siècle. Henri IV^ qui avait étudié cette question^ déclarait que les avantages qu'on lui montrait comme devant découler de la destruction des Turcs en Europe^ étaient très-K)bscur8 et M pouvaient faire songer à abandonner ceux qu'il recueillerait de son alliance avec eux ; et à l'époque du règne d'Henri IV^ la Russie ne laissait pas même soupçonher le rôle auquel elle atteindrait en Orien.*.
Napoléon, curieux de connaître en détail une question aussi compliquée, fit rédiger par des hommes profonds des mémoires sur les avantages ou les dangers quil y aurait à la destruction de l'empire ottoman et à son partage. Toutes les conclusions ftirent favorables au inafiatien et représentèrent la politique de partage comme funeste à la France.
La conqoète et le partage semblent ne plus être au» Joord'hui dans leb intérêts des grands peuples de l'Occis lient Par le commerce^ llndustrie, lA force de leur wganltation intérieure, là puissance de leurs idées^ ils TtyMMnt si activement au delà de leurs frontières, que la teonqiiète matérielle n'a plus les mêmes raisons d'être. D'ailleurs, l'Angleterre^ devenue conquérante dans l'Inde par nécessité, a besoin de toutes ses forces
pour reprendre en Asie sa suprématie, la rendre incontestable et cimenter un empire de 150 millions d'habitants ; pour achever cette grande œuvre, l'amitié et Teiistence de la Porte Ottomane lui sont, non-seulement nécessaires, mais indispensables. Le maintien de Pempire ottoman dans son intégralité est donc un intérêt de premier ordre, un intérêt vital pour la Grande-Bretagne.
La France appelle à la civOisation chrétienne et européenne le continent de l'Afrique septentrionale ; elle a triomphé par la force et va achever sa conquête par l'organisation. Il lui importe de n'avoir pour riverains de la Méditerranée que des gouvernements et des peuples sympathiques à sa grande mission, ou hors d'état de la contrarier.
L'Autriche, qui doit en grande partie à nos armes et à celles de nos alliés de voir le Danube ouvert* à son activité, fait par ce fleuve et par l'Adriatique un commerce immense avec la mer Noire et les villes de VAsie. De plus, par ses frontières limitrophes de la Turquie, elle entretient avec les provinces ottomanes des relations extrêmement avantageuses. Le maintien de cet empire est donc pour elle de la plus haute importance commerciale. De plus, la Turquie représente à un haut degré, comme l'Autriche elle-même, le principe de l'agglomération des états et des races, et l'ébranlement de l'édifice ottoman pourrait avoir pour l'édifice autrichien les plus désastreuses conséquences. Ces trois irrandes puissances assurent donc l'avenir de la Turquie