I.— LE8 RELIGIONS ET LES KACES
si la Turquie veut concourir |>ar des réformes sages et nécessaires à sa propre conservation. La Russie ellemême dont la prépondérance et la politique en Orient ont été si longtemps une menace pour Tempire ottoman et pour l'Europe^ songe-t-elle aujourd'hui à des conqueteS; à des acquisitions de territoires qui rendraient encore bien plus difficile l'œuvre immense de réorganisation que l'empereur Alexandre a inaugurée dans Tintérienr de son yaste empire ? On s'est tellement habitué à représenter la Russie comme travaillant ouverte* ment ou sourdement à la destruction de la Turquie, et comme dominant à Constantinople par la profondeur de sa diplomatie on la violence de son action que l'on continue à prêter l'oreille à des' accusations qui ne reposent plus sur aucun fondement réel et qui pourraient s'adresser à d'autres puissances. L'Angleterre, qui dans diverses conjonctures a partagé avec la Russie le rôle de tutrice imposée et de conseillère impérieuse, a convié à jouer ce rôle avec elle l'Autriche, qui paraît l'avoir accepté avec un empressement qui a lieu de surprendre de la part d'une puissance aussi habile et jusqu ici aussi modérée. Aujourd'hui ni la France, qui a, plus qu'aucune autre puissance, contribué à garantir l'intégralité de l'empire ottoman, ni la Russie, contre laquelle l'avenir de cet empire a été garanti, ne peuvent permettre que la Grande-Bretagne et l'Autriche soient désormais les tutrices et les médecins officiels de la Turquie, et autorisées à se ménager pour des éventua* lités, même à très-longue date, quelquçs-unes des plus
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belleB dépouilles des OunanUs dont elles se disent les vieilles amies, mais dont elles pressent ou occupent les territoires en Europe, en Asieiet en Afrique. L'Autriobe tient de si près la Bosnie, la Servie, le Monténégro, les Principautés ; elle exerce, en ce qui concerne ces impor* tantes portions de TEmpire, une si grande influence à Constantinople, que sa protection devient un <Aîet d'étonnement et même d'inquiétude pour les obsei*vateurs clairvoyants. L'Angleterre joue un rftie semblable pour rÉgypte, la mer Rouge« Bagdad et Bassora. Ce sont là des faits qui devraient faire réfléchir profondément les Turcs.
Le Divan est aiyourd'hui aux prises dans ses provins ces slaves avec de graves difficultés. La Russie a été accusée de les avoir suscitées, soit par suite de la vieilli) liahitude que l'on avait de voir sa main partout m Orient, soit parce que les Turcs avaient intérêt à faire croire à cette accusation. Eh bien ! les Turcs eux-m^mes ne sont'ils pas la cause involontaire, je le veux bien, mais première de ces événements, dont les conséquences peuvent être immenses? Je ne parle pas seulement des dangers d'une administration défectueuse et des souffrances que les irréguliers ont infligées à des populations opprimées par leurs petits chefs féodaux et par Tannée ottomane, qui devrait être partout la sauvegarde des intérêts des chrétiens. Le soulèvement des provinces slaves tient à des causes morales encore plus profondes, et dans lesquelles la Russie, loin d'être complice, a joue un rôle purement passif.