‹ Chrétiens et TurcsChapitre 37 sur 119 · I.— LES RELIGIONS ET LES RACES. S · texte numérisé non relu

I.— LES RELIGIONS ET LES RACES. S

Les Sla^Fes de l^mpire ottoman^ qui se croient forte par eox-^méinefl^ ne se livrent pas aux intrigues où les Grecs cKcellent, et ils attendent les événements avec la patience que donne la certitude du succès. Ils ont été habilement travaillés en faveur de Tempire ottoman et contre ce qui s'appelait lidolàtrie russe par l'émigra* tioB polonaise au service de la Porte. Ce travail fait le plus grand honneur à l'activité et au dévouement de ces agents^ mais il n'a eu de prise sur les Slaves ottomans qu'à la condition de leur parler en frères de race, et de flatter les aspirations nationales des Serbes, des Bosniaques, des Bulgares, à la condition, en un mot, d'être Panslavistes ; cette action a donc été d'autant plus opposée au but que Ton se proposait, que les Polonais ont déployé de zèle et de talents. La Sublime Porte, qu'elle ait eu ou non l'intention et les vues des Polonais qu'elle a employés, ressemble à l'élève sorcier de la ballade de Gœthe, qui avait bien retenu les mots cabalistiques qui faisaient porter de l'eau à des manches à balais, mais qui fut exposé à être noyé parce qu*il ne connaissait pas ceux qui devaient rompre le charme. Ce n'est donc pas à la Russie qu'il faut imputer aujourd'hui les soulèvements des provinces slaves de l'empire ottoman, on peut tout au plus lui reprocher de n'y pas avoir nui.

Les Turcs ont encore pour eux la force, les grandes richesses territoriales, l'ascendant moral et politique, bien qu'il perde chaque jour de son prestige; mais l'Europe ne leur laissera une domination incontestée

que s'ils s'occupent d'améliorer le sort des populations chrétiennes et à leur laisser un libre déyeloppement matériel et religieux. On les a attendus à Foeuvre, et jusqu'ici ils ne doivent pas se dissimuler que Ton espérait des résultats plus satisfaisants et que^ malgré tous les intérêts politiques^ TOcddent n'hésiterait pas à se prononcer pour les chrétiens et à pousser les gouvernements à les secourir si l'oppression les obligeait à se soulever. C'est cette éventualité redoutable qui fait la nouvelle et légitime force de la Russie contre la Turquie.

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