‹ Chrétiens et TurcsChapitre 42 sur 119 · III.— LES TURCS EN VILACHIE · texte numérisé non relu

III.— LES TURCS EN VILACHIE

TiUages. Pour un pays où le commerce est presque tout intérieur^ les routes et les chemins sont de première né* cessilé, et^ pour cette entreprise^ les Bulgares concourraient Tolonliers de leur argent et de leurs bras. On pourrait percevoir les impôts des TiUages de la même manière que ceux des villes^ en nommant des percep*

Report. . . 50,822,000 fr.

Sel gemme 4 ,660,000

24,872,000 fr.

A cette somme H faat joindre celle des iinpor»

tations qsi se font pour les foires de Djouma et

de Kmsou.

Pour la foire de Djouma 5,000,000

Pour eelle de Karasoo 4 ,250,000

Ce qui donne un total de 28,4 22,000

Exportations,

Maïs, orge, blé, seigle et millet .... 25,000,000

Soie grège 750,000

Essence de roses 325,000

Peaux diverses non tannées 825,000

Peaoi d*agneaui et de cheneaui tannées • 4 ,500,000

Gre 450.000

Miel 400,000

Suif 700,000

Beurre 687,000

S6U;s de porcs 50,000

Laine 825,000

Peaux d^animaux sauTages. ..... 487,500

Sumac • 487'500

Palrachîva (graine de genièvre) • , • • 37,800

Ris 745,000

Salpêtre • . . . . 250.000

32,589,800 fr.

teurs du gouvernement pour un certain nombre de villages.

11 y a en Bulgarie 31 écoles chrétiennes pour garçons ou filles. Dans ces écoles, on enseigne les langues but gare^ grecque et turque^ mais cette dernière langue n'est pas obligatoire. Les écoles comme les églises étant fondées par la commune et par de riches particuliers^ il s*ensuit qu'il y a en Bulgarie des villages où il se trouve plusieurs églises et plusieurs écoles^ et qu'il y a des villes qui en sont entièrement privées.

La Bulgarie proprement dite a 2^900 lieues carrées et 3, J 00,000 habitants ainsi divisés :

Bulgares de la religion grecque . . . 3,500,000

Bulgares catholiques 10,000

Musulmans 400,000

Tartares 50,000

Cosaques zaporoges 50,000

Juifs 50,000

Renégats établis aux environs de Sofia. 50,000

Ces derniers, connus sous le nom de Pomatzy, ont embrassé Pislalisme par suite des mauvais traitements de leur patriarche; ils parlent le bulgare, et beaucoup d'entre eux accomplissent en secret les cérémonies du christianisme.

Mais il y a encore deux autres millions de Bulgares chrétiens répandus en Macédoine, en Tbrace, en Albanie et en Servie.

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Dans chaque ville^ il se trouve un tribunal composé d'un gouverneur civile d'un cadi, juge nommé par le gouvernement central^ d'un mufti, le chef de la loi musulmane, des évêques des autres religions, s'il y en a qui résident dans la ville, et d'un membre de chacune des nationalités élu par ses compatriotes etconflrmé par le pacha. Il y a en outre un bureau de police composé d'un commissaire et d'un sous-commissaire. Dans chaque ville principale où réside un pacha gouverneur, il y a un defterdar ou un muhassil, receveur et contrôleur des finances, nommé par le ministre des finances; ce fonctionnaire dispose de tous les revenus, conformément aux ordres du pacha, rend compte au divan seul, à Constantinople, de ses opérations, et prend place dans le conseil de justice. C'est ce conseil qui s'appelle le Mejlis, et tout procès que le chef du bureau de police ne peut pas terminer par jugement ou à l'amiable est porté au Mejlis. Dans les petites villes, on en appelle au pacha des jugements des tribuuaux inférieurs et au divan de Constantinople des jugements du Mejlis. Les conseillers des différentes nationalités qui font partie du Mejlis ne reçoivent pas d'honoraires ; le pacha opine le premier, le defterdar le second, le cadi se prononce le troisième. Quant aux autres conseillers, ils sont entre eux sur le pied d'égalité; chacun porte un nichan ou marque de sa fonction, et le transmet à son successeur. Tou^ les procès passent par cinq juridictions.

l» Les petits procès sont terminés à l'amiable par des

ooDseilleni de la nation de chacune des parties en litige.

2» La police correctionnelle;

3« Le tribunal ciTil {wujlii);

^ L'appel au tribunal où réside le pacha;

5» L'appel au grand divan^ i Constantinople.

La Bulgarie n'a pas de code particulierj et chacun y est égal devant la loi musulmane; les chétiens ont cependant le code d'Arménopole^ que les Grecs consultant quelquefois^ et qui est une compilation» en grec^ des lois de l'empire byzantin. Les Turcs sont cepen* danl presque toujours l'objet de certains égards de la part d'un tribunal dont les principaux membres^ le pacha^ le defterdar^ la cadi et le mufti^ sont musulmans.

Le gouvernement russes'est toujours beaucoup occupé de la Bulgarie ; depuis 1806 surtout, il avait fait à plusieurs reprises lever la carte du Danube, et à partir de 1840^ix-buit officiers russes parcoururent pendant plus de quinze mois la Bulgarie pour étudier les trois routes de Toulcha à Varna^ de Roulschouk à Andrinople par Janbolii et de VViddin a Pbilippopoli^ au pdnt de vue de la marche de trois corps d'armée^ l'un de trente mille hommes, le second de soixante mille hommes, et le troisième de la même force que le premier^ envahissant en même temps ce territoire. Toutes les étapes avaient été soigneusement déterminées; les noms des villages, les ressources que les armées pouvaient trouver sur leur passage^ tout avait été relevé avec une rare exactitude 1. Les émissaires russes faisaient en même temps

1 L«s leures écrites par tes officiers rotses en nùanoa éuient

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une propagande active. Tant que l'Autriche maintint en Orient une politique contraire à celle de la Russie, une initiative qui était un puissant obstacle aux projets des tsars^ ou plutôt un antagonisme de rivalité en ce qui touchait les provinces de la Turquie d'Europe, le sourd travail de la Russie n*eut que des résultats partiels et n'amena que des insurrections locales facilement réprimées, ce qui ne donnait malheureusement pas à la Porte une inquiétude assez grande pour lui faire ouvrir les yeux; mais depuis les événemeus de 1848, TAutriche, justement alarmée de sa situation intérieure, avait dû subir souvent, sans les approuver peut-être, les vues et les passions de sa trop puissante amie. L'Autriche avait cessé d'être pour la Porte un appui, et pour la Russie un obstacle en Bulgarie et en Bosnie.

La question des réfugiés, cette suite malheureuse de l'insurrection de Hongrie, avait apporté de nouveaux changements et beaucoup d'aigreur dans les rapports du cabinet de Vienne avec le gouvernement ottoman \

adressées au colonel de Grammont^ qui préteodaîl appartenir à une aneienne Camille de g enliUlionmies français, ancien aide de camp du général comte Kisselef, et qui resta en la même qualité auprès des bospodars de Valacbie jusqu^à sa mort, qui eut Ûeu en 4851. M. de Grammoni, après avoir reçu les lettres et en avoir pris oonnaîssance, les faisait passer à Saint-Pétersbourg.

^ Les agents autricbiens ne dissimulaient pas leur colère de la fuite des réfugiés magyares* en Turquie. « Nous ne voulons pas, disaient- ils, de Hongrie ambulante survivant à Tinsurrection, comme 11 y a une Pologne ambulante qui a fait unt de mal k TEnrope. > De tels sentiments expliquent les rigueurs exercées

On eût dit que rAutriche cherchait tous les moyens de nuire à la Turquie, et le mal que cette puissance peut faire à Tempire ottoman est considérable. D'ordinaire, par exemple, dans cet empire les populations catholi* ques ont été plus fidèles, plus soumises au sultan que les chrétiens des rites non unis, et cela s'explique bien aisément. Les catholiques rayas n'ont pas, comme les chrétiens grecs, hors des frontières de la Turquie, un chef spirituel disposant d'un pouvoir immense et attirant sans cesse leurs regards : le pape ne règne que sur les cœurs et les consciences, il ne demande aucune allégeance temporelle. La religion catholique prêche partout le respect et la soumission au souverain, qu'il soit catholique, séparé de TËglise romaine, ou musulman. C'est aussi le rôle qu'a toujours rempli la France. Elle est la protectrice des populations et des intérêts catholiques, qu'un glorieux passé a mis sous son patronage, mais elle les protège pour ainsi dire par la Porte et pour la Porte. C'est là le principe qui a dirigé la diplomatie française en Syrie, et c'est à notre influence que le Liban doit sa pacification. L'Autriche, à l'époque où elle était la rivale autant que l'amie de la Russie, s'était également bornée à maintenir son in-

oontre les nobles Magyares mêlés de près on de loin aax érénemenls de I84S et de 4849. Mais les rigueurs ont été inutiles : la Hongriei châtiée par la corde, le plomb et le feu, gardait au cœur une blessure profonde ; elle n'était pas domptée,

El palet indomitiim lato sub pectore vulnus*

Ce n'est que par la clémence que le jeune empereur François- Joseph a réussi à cicatriser ses plaie».

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