III.—LES TURCS EN VALACHIE
flueoce parmi les populations catholiqaes de la Turquie d'Europe^ comme moyen de balancer l'influence russe^ qu'elle n'osait attaquer de fronts sur les populations grecques, et probablement aussi pour se préparer un lot à sa convenance quand les événements viendraient mettre à la disposition des plus forts l'héritage de Mahomet II et de Soliman le Magnifique, héritage que la politique du cabinet de Vienne a toujours considéré comme deyant passer, dans un avenir plus ou moins éloigné, aux mains des grandes cours européennes. Cependant après l'affaire des réfugiés l'Autriche chercha ou contribua à agiter les populations catholiques, comme en Bulgarie, ou à les protéger contre la Porte, comme en Bosnie, et par là elle unit son influence à celle de la Russie, avec ou sans préméditation, mais au grand détriment de la Turquie. Ainsi à Routschouk le consul d'Autriche fréquentait beaucoup les Bulgares schismatiques, assistait à leurs noces, à leurs réunions, bissait son pavillon et se rendait à l'église en uniforme à chaque fête bulgare. L'évêque venait au-devant de lui, accompagné de son clergé. Tout ceci se passait en 1850; un consul de Russie n'aurait pas agi autrement.
Ces faits préoccupaient justement la Porte. Si en effet l'influence catholique de l'Autriche venait à s'unir à celle que la Russie possède sur les chrétiens grecs, les dangers pour la Porte en seraient augmentés, car c'est surtout au sein des populations chrétiennes que se trouve le secret de la faiblesse de l'empire ottoman et
que gtt rincerlitude de son aTenîr. La Porte n'aTâit deyant elle, avant son alliance avec la France et l'Angleterre, que des routes semées de difficultés qui n'ont pas encore entièrement disparu. Il n'est pas douteux que Tesprit musulman s'atTaiblit en Turquie, surtout dans les hautes régions, et que l'esprit de tolérance a fait de grands progrès, avec ou sans le consentement de la Porte. Si, émue des conséquences de Paffaiblissement de l'esprit musulman, la Porte veut revenir sur ses pas, abandonner le système de douceur et de tolérance politique dans lequel elle est entrée à l'égard des populations chrétiennes, ou seulement même s'opposer au développement désormais irrésistible de ces populations, des luttes et l'eihision du sang attristeront les nations chrétiennes; les soulèvements poumxitétre réprimés, mais pour recommencer, et quand la lutte aura duré assez pour avoir du retentissement en Europe, l'humanité blessée, la politique, l'opinion publique, forceront les gouvernements à intervenir, et la Porte devra remettre le glaive dans le fourreau, ainsi que cela s'est vu lors de la campagne contre le Monténégro. Chaque fois que, contrainte par la pression européenne, la Porte a été amenée à des concessions envers les chrétiens sujets du sultan, elle a perdu une portion de sa force intérieure. £i, au contraire, ce qui ne parait plus douteux maintenant, le divan continue à marcher dans la voie très-louable et très-prudente où il est entré, les populations chrétiennes s'avanceront d'un pas encore plus rapide vers un développement de