‹ Chrétiens et TurcsChapitre 44 sur 119 · III.— LES TURCS EN VALACHIE · texte numérisé non relu

III.— LES TURCS EN VALACHIE

race^ de religion^ d'industrie^ de ricbessej et^ il ne faut pas se le dissimuler^ celte issue n'est pas non plus sans danger pour la Porte Ottomane. Certainement la race turque a de son côté de notables avantages : les Turcs sont habiles à la guerre^ ils sont unis sous un drapeau qui a eu des jours glorieux et dont de nouveaux trioroplies ont rigeuni l'éclat. Les chrétiens sont pour la plupart peu habitués, sinon au maniement des armes, du mois à la discipline. La race turque a une longue habitude du gouvernement et en quelque sorte la tradition de l'autorité ; elle connaît l'art, familier aux races que la conquête a placées au-dessus de plusieurs races vaincues ou enchaînées dans leur orbite, de maintenir une population par une autre, de tMdancer un culte par un autre. Quoi qu'il en soit, on doit espérer qu*un gouvernement juste i une ad* ministration ferme, une autorité paternelle, pourront guérir bien des plaies, effacer bien des rancunes, adoucir bien des ressentiments. Des populations satisfaites seront moins aisément remuées par des conspirateurs ou des fanatiques. Une autre chance de paix et de tranquillité, c'est l'absence en Turquie, et on peut le dire en Orient, du sentiment et des passions révolutionnaires ; nulle aspiration à une fausse et impraticable égalité, nul désir de conquérir un droit abstrait et philosophique n'agitent et ne troublent ces natures simples et ces intelligences droites. Les populations de la Turquie vcident un bien-élre modéré; elles ont des iniérdts de race, des passions religieuses, et ne deman-

dent qu'à ne plus gémir sous l'oppression et à pratiquer librement leur culte.

Néanmoins ceux qui connaissent bien les populations chrétiennes de Tempire ottoman (et nous entendons parler surtout de celles du rite grec) savent qu'elles gardent profondément gravé dans leurs cœurs le souvenir de Thumiliation que leur culte a subie pendant les rigueurs du despotisme musulman^ dontla mémoire se transmet de génération en génération. Même sans Tinfluence étrangère, la Porte a déjà une partie assez difficile' à jouer; mais les difficultés augmentent et prennent des proportions redoutables quand elle rencontre à chaque pas l'action de la Russie et celle de TAutriche unies contre elle, et c'est ce qui avait lieu en i 850. Les moyens d'agir sur les Bulgares, les Serbes, les Bosniaques, ne manquaient pas à ces deux puissances ; ces populations n'ont pas oublié que leurs ancêtres ont vécu sur un sol libre et ont obéi à des rois indépendants, dont quelques-uns ont été des guerriers illustres. Les traditions et les poésies populaires, qui leur rappellent sans cesse un passé glorieux, entretiennent parmi elles des désirs qu'il est désormais impossible à la Porte Ottomane de comprimer, et qu'elle peut tout au plus endormir par la satisfaction des intérêts. L'Autriche pouvait plus qu'aucune autre puissance balancer dans la Turquie d'Europe l'immense influence religieuse de la Russie, parce qu'elle compte dans ses États plusieurs millions de Slaves du Midi professant la religion catholique, et que l'on peut opposer aux SlaTcs

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