‹ Chrétiens et TurcsChapitre 45 sur 119 · III.— LES TURCS EN VALACHIE · texte numérisé non relu

III.— LES TURCS EN VALACHIE

du Nord professant le rite grec, comme on a si souvent opposé les Allemands catholiques du Midi aux Allemands protestants du Nord. Pendant longtemps TAutriche^ ainsi que nous Tavons dit^ avait agi dans la Turquie d'Europe en faveur des catholiques de cette partie de Tempire^ sans perdre de vue son action diplomatie^ mais sans mauvais vouloir apparent contre la Porte. En 4850^ ses journaux prenaient parti ouvertement pour les Bosniaques contre l'autorité turque^ — et que la cour de Vienne ait eu raison ou non dans les accusations qu'elle lançait contre les Turcs^ la conséquence de sa politique était Taffaiblissement de la Porte Ottomane^ en lui aliénant les populations chrétiennes. Un haut intérêt s^attachait donc aux événements qui se passaient alors en Bosnie.

Comme la Bulgarie^ la Bosnie a été un royaume, dont quelques portions sont maintenant sous le sceptre de la maison de Lorraine. Ce royaume n'a perdu son indépendance que vers la fin du xv*' siècle, lors de sa conquête définitive par Bajazet II. Ses princes , qui ayaient commencé par professer Thérésie des Albigeois reconnurent TÉglise romaine et la religion catholique, qui brilla d'un tel éclat dans leur royaume, qu'en 1441 le page Eugène IV pouvait dire dans une bulle : Fra-ires vicariœ Bosnœ facli sunt murus inexpugnabilis pro fide catholica. La conquête musulmane n'affaiblit la foi que chez les grands. En Bosnie comme en Albanie, ceux-ci embrassèrent l'islamisme pour conserver leur rang et leurs privilèges ; mais ils ont toujours

gardé leurs anciens noms slaves^ par lesquels ils sont connus dans le pays^ et ce n'est que dans leurs relations avec les fonctionnaires turcs ou dans les documents émanés de la Porte quils sont appelés de leurs noms musulmans et désignés par leurs qualités ottomanes de bey, pacha^ etc.^ La population de cette province peut sa diviser de la manière suivante : Musulmans, 200,000; chrétiens, 265,000, dont 150,000 catholiques, i6,(K)0 bohémiens, 14,000 juifs. Les catholiques ont trois couvents avec leurs égtises : ce sont ceux de Saint-Jean-Baptiste à Sudinsk, du Saint-Esprit à Foj* nica, de Sainte-Catherine vierge et martyre à Kresbevo, où Ton voit des moines de Tordre de Saint-François; il y a en outre un couvent à Rome destiné aux Bosniaques, et qui est celui de Saint-Barthélemy-en»rile. Il y a deux églises paroissiales sans couvents, et les paroisses dans toute la province sont au nombre de cinquante. On compte aussi trois chapellenies locales, quatre-vingt-onze prêtres ayant charge d^ftmes, et

^ Beaucoup de finnillet ont aussi gardé plus que la souvenir de leurs ancéues, el il n*est pas très-rare de voir un seigneur bosniasque faire venir un prèlre calbolique ou grec au lit de mort et recevoir les sacrements avant de paraître devant Dieu. Peut-être la peur est*eUe alors la principale conseillère. Ce qu*tl j a de certain, c*est que celte peur ne trouble guère les Albanais ni pendant leur vie ni à Theure de la mort. Presque tous les beys albanais des districts habités par les chrétiens grecs, et notamment les Tofkea, sont ce que Ton a appelé, très-faussement i mon avis, des esprits forts ou de libres penseurs. Us s*appellenl eux-mêmes francsmaçons, et pensent volontiers, au rebours de Voltaire, que si n'existait pas, U serait Inutile de Tinventer.

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