‹ Chrétiens et TurcsChapitre 46 sur 119 · IIL-LES TURCS EN VALACHIE · texte numérisé non relu

IIL-LES TURCS EN VALACHIE

treize qui habitent hors de la pro\ince^ en tout cent cinquante^troisprêlres, en y comprenant les religieux. Il 7 a en Italie et en Hongrie de noinbreui étudiants bosniaques qui se destinent aux ordres. La Bosnie a un éyèque; il est le successeur des prélats qui se sont transmis régulièrement la crosse épiscopale depuis Pan 1315. Le saint-siége y est représenté depuis 4340 par des yicaires apo stoliques ; leurs noms onl été conservés ainsi que ceux des évêques. La conquête musulmane a détruit beaucoup de couvents^ et le nombre des ecclésiastiques est certainement insuffisant pour la population catholique. Les moines et les catholiques de Bosnie sont attachés au saint-siége ; il y a parmi eux deux partis, Tun qui penche pour TAutriche et Tautre pour la Porte Ottomane. La Bosnie est d'une part limitrophe de la Serbie, dont les habitants ont été souvent sollicités, mais en vain, par les Bosniaques, de s'unir à eux ; d'un autre côté, les Bosniaques donnent la main aux Albanais catholiques ou mirdiles, qui comptent plus de quarante mille familles, population belliqueuse établie sur les rives du Drin et en communication avec l'Adriatique par Scutari et Durazzo. 11 est tout naturel que TAutriche attache un grand intérêt à établir son influence sur ces populations, et cette influence une fois acceptée, le boulevard de la Turquie d'Europe contre cette puissance est battu en brèche ; mais il n'est pas moins naturel que la Porte Ottomane veuille y maintenir sa prépondérance. Pour atteindre ce but, elle fit a plusieurs reprises des expéditions dans cette

province, qui n'a jamais été complètement assimilée an reste de la Turquie, et où le pouvoir des sultans est loin d'avoir été toujours paisiblement reconnu. Là comme en Egypte, le conquérant avait été obligé de respecter des intérêts, des institutions, des privil^^es, etla conquête avait pris le caractère d'une transaction. Cet état de choses ne pouvait convenir au sultan Mahmoud, qui avait décidé l'abolition du système féodal dans l'empire, et qui réussit à peu près à accomplir cette grande tâche. Eu Bosnie comme en Albanie, il voulut taire sentir sa force et briser toutes les résistances locales en faisant exécuter la loi du recrutement, dont les nouvelles institutions rendaient l'application indispensable pour tout l'empire, afin d'avoir une armée per^ manente respectable. Le sultan chargea Rechid-Méhémet-Pacha d'exécuter ses ordres en Bosnie. C'est le même que nous avons vu à l'œuvre en Albanie et dont la cruelle fermeté soumit les Albanais et les Kurdes.

Eni831,lléhémetétaitgrand-viziretrottmé/j-vaiesn, on gouverneur de toute la Turquie d'Europe, charge qui n'existe plus aujourd'hui ; il faisait gouverner par ses lieutenants toute cette partie de l'empire. Il chargea l'un d'eux, Daoud-Pacha, d'exécuter en Bosnie le firman qui y décrétait le recrutement. Un soulèvement général éclata. Daoud-Pacha fut chassé de Yechetrin, où il s'était laissé surprendre, et obligé par les insurgés de se réfugier à BetoUa. Rechid-Méhémet-Pacha détacha alors de son armée six mille hommes, dont il donna le commandement à Mahmoud-Pacha, qui avait com-

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