III. —LES TURCS EN VÀLACHIE
mencé par être son schamâangi-bachi, c'est-à-dire son chef du luminaire y et il Tenvoya châtier les rebelles, qui araient à leur tête un bey bosniaque du nom de Hussein, auquel est resté dans le pays le nom de copttaine Hu$$€in. C'était un homme de trente-un ans, d'une grande bravoure, d'une grande audace, d'un esprit très- ouvert et fertile en expédients. Mahmoud-Pacha était soutenu par le grand vizir, qui s'étdit avancé avec son corps d'armée jusqu'à Vechetrin, sur les frontières de Bosnie, et qui était prêt à y entrer, si son lieutenant n'avait pas pu venir à bout des insurgés. Mahmoud les battit dans trois rencontres successives, et obligea Hussein-Bey à chercher un refuge en Autriche. Resté maître de toute la Bosnie, il la parcourut en faisant exécuter partout le firman et opérer le recrutement. Il fit rentrer tout l'arriéré des impôts que la Porte n'avait pu se faire payer depuis plusieurs années, et gouverna tranquiUementla Bosnie comme vizir pendant deux ans. C'était un homme de facultés ordinaires; mais ayant de l'aptitude pour la guerre, heureux dans tout ce qu'il entreprenait, et d'une bonté, d'une longanimité qui contrastaient avec la férocité et l'impétuosité de caractère de son chef et de son protecteur. Un voyageur anglais, à qui l'on doit un livre plein d'intérêt *, nous a donné le portrait de Mahmoud-Pacha en quelques lignes, où la plaisanterie n'a pas altéré cependant la ressemblance. 11 était alors à Janina, et c'était peu de temps avant sa mort.
* Ftsfte< aux momutères du Levant, par Thonorable R . Curaon«
c A neuf heures du mattu^ j'allai présenter mes respects au Yizir Mahmoud-Pacha, un homme aTec un long net, et qui ressemblait tout à fait au pape Be • nott XIV. Je restai quelques heures avec lui, parlant des affaires turques, et nous entrâmes dans une Tire discussion sur la question de savoir si l'Angleterre était une partie de Londres, ou si Londres faisait partie de TAngleterre. Il me parut un homme remarquablement bon; il prit un grand intérêt à entendre parler des affaires de l'Egypte, que j'avais récemment visitée... »
Mamoud-Pacha, devenu à son tour roumétùvalessi, mourut à Prisrend. Après lui, la Bosnie échappa de nouveau au contrôle de la Porte» qui, pendant plusieurs années, chercha vainement à 7 iotroduire» ainsi que dans l'Herzégovine, le tanzimat-haïrié (litléralement règlement d'iquiîi). En septembre iS49> elle se décida à confier cette grave question à Tahir-Pacha> alors goiiveiDeur civil et militaire de la Bosnie, en invitant les beys héréditaires des districts à user de toute leur inQuence sur les propriétaires (urcs pour mettre en vi-
gueur les nouvelles dispositions du tanadmat. Ces beys, comme on Ta vu, ont le Utre de pachas, qu'ils doivent à la grande autorité quils exercent dans le pays et aux cadeaux considérables qu'ils font aux hauts fonctionnaires du divan. Tahir-Pacha est un personnage déji connu du public français, et nous n'aurons à dire que quelques mots avant de le montrer aux prises avec les événements qui marquèrent la fin de sa carrière et de sa vie.