‹ Chrétiens et TurcsChapitre 5 sur 119 · LES RELIGIONS ET LES RACES · texte numérisé non relu

LES RELIGIONS ET LES RACES

Bofi^ell nous raconte que Samuel Johnson dînant un jour avec le général Paoli^ et parlant du voyage qu'il projetait de faire en Italie, dit : a Le grand objet en voyageant est de voir les rivages de la Méditerranée. Sur ces rivages étaient les quatre grands empires du monde. L'assyrien, celui des Perses, le grec et le romain. Toute notre religion, presque toutes nos lois, et presque tout ce qui nous place au-dessus des sauvages nous vient des rivages de la Méditerranée. Le général Paoli flt alors observer que la a Méditerranée serait un noble sujet pour un poème. »

Pour nous (|ui avons parcouru presque tous les rivages qu'il ne fut pas donné au savant auteur de Rasselas de visiter, nous voulons tâcher de donner une idée de l'ensemble de l'empire ottoman qui occupe aujourd'hui

des portions considérables des quatre empires mentionnés par le célèbre critique anglais.

Cette puissance fait désormais partie du grand système européen. Ses ministres ont siégé au congrès de Paris; son indépendance et Tintégralilé de son territoire ont été solennellement reconnus par le seul fait de leur présence dans ce grand conseil des Etats^ et le traité de Paris a déclaré que la Sublime Porte était admise à partidper aux avantages du droit public et du concert européen. En un mot, la paix politique a été signée; mais ce qui est une force pour Tempire ottoman, au point de vue abstrait des traites, peut devenir la source d'incessantes et de graves difficultés si les hommes d'Etat ne savent pas établir la paix morale, rharmonie entre les différentes populations de Tempirc, le diriger et le gouverner dans les voies nouvelles qui lui sont ouvertes. Plus on a fait pour la Turquie, plus on pourra exiger d'elle, non pas matériellement^ mais moi:alement. L'Europe^ sans le lui dire expressément, Tattend à Tœuvre pour voir si véritablement elle méritait qu'on s'armât pour elle^ en même temps que pour les grands intérêts européens qui étaient alors solidaires de son existence, et qui peut-être ne seraient pas également compromis aujourd'hui, grâce à l'heureux ascendant pris par l'Occident, si l'existence de la Turquie venait de nouveau à être menacée. Le congrès de Paris a, pour ainsi dire, constitué TEurope en conseil aniphictyonique, et rien de ce qui intéresse la civilisation, le progrès du bien-être, l'humanité, ne saurait lui

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