‹ Chrétiens et TurcsChapitre 51 sur 119 · III.— LES TURCS EN VALACHIE · texte numérisé non relu

III.— LES TURCS EN VALACHIE

haïssant d'ancienne date, ils ne voulurent pas entendre parler d'un rapprochement entre eux, qu'avaient tâché d'amener leurs prêtres, les seuls hommes intelligents de leur race. L'Autriche, qui désirait se créer un parti en Bosnie, flattait le clergé catholique ; elle ne put se concilier le clergé grec, qui tous les jours fait des prières pour la santé du corps el le salut de Pâme de l'empereur de Russie. Elle tenta d'organiser sous main une propagande panslavisle par des Croates catholiques; mais cette propagande, peu comprise par les catholiques, échoua auprès des grecs comme ayant une tendance opposée à leur religion. En résumé, les chrétiens portèrent presque tout le poids de la guerre, servant tour à tour celui des deux partis avec lequel les circonstances les mettaient en contact. Tout le travail des transports de l'armée turque fut tait ainsi forcément par des chrétiens, qui ne reçurent pas le moindre salaire *.

Pendant que Tahir-Pacha et les insurgés s'épuisaient en marches et contre-marches sans résultats et occasionnaient a la Porte une dépense de plus de 9,000 bourses (environ 1,125,000 fr .)^FA2li-Pacha, Mahmoud- Pacha et Mustahi-Pacha, chacun pour son compte, intriguaient i GonstanUnople pour obtenir la place de

t Tahir-Pacha mit en réquisition six cents chrétiens et douze eents chevaux pour les transports ; quatre cent seize hommes avec six cents chevaux seulement retournèrent chez eux, et encore dans on état déplorable. Dans le camp des rebelles bosniaques^ les chrétiens forent encore plus maltraités.

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gouverneur général de la Bosnie, alléguant que cette proYince ne pouvait être administrée d'une façon profitable pour la Porte que par un Bosniaque. Hais la Porte^ à qui ce thème était parfaitement connu^ et qui savait à qui elle avait affaire^ répondit en engageant ces fonctionnaires à user de leur influence pour introduire le tan2imat, et à se préoccuper sérieusement des moyens de changer Tancien état de choses en Tue du plus grand bien de l'empire.

Dans le mois de janvier 1860, au moment où Tahir- Pacha se voyait dans la situation la plus critique, on tint enfin conseil à Constantinople sur les aflhîres de Bosnie et sur les moyens de résister avec vigueur à un soulèvement qui menaçait de devenir général dans cette province. On manquait de soldats, on ne pouvait pas rappeler d'Asie les corps qui s'y trouvaient. Les garnisons de la Roumélie étaient faibles; douze mille honimes avaient été envoyés dans la Valachie. Les finances étaient en mauvais état, Toccupation des principautés ayant depuis dix-huit mois coûté beaucoup d'argent. Le crédit était affaibli ; les banquiers arméniens ne voulaient plus rien prêter. Les difficultés de la situation se présentèrent alors an divan dans toute leur force. 11 supposa, non sans raison, que rAutricbe, qu'il avait heurtée de front en accordant Thospitalité aux réfugiés hongrois, et que la Russie, avec laquelle la Turquie était en collision en Talachie, verraient avec plaisir le soulèvement de la population musulmane en Bosnie, que ces deux puissances le favorise-

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