‹ Chrétiens et TurcsChapitre 58 sur 119 · III.— LES TURCS EN VALACHIE · texte numérisé non relu

III.— LES TURCS EN VALACHIE

iraient jamais les décorations du prince Slirbey^ qui leur aTait baisé la main pendant le règne de leur père. Dans toutes ces occasions, c'était à l'agent de France que le prince de Valachie avait recours, soit pour se soulager en versant ses plaintes dans une oreille bienveiUante^ soit pour obtenir, par l'influence de son impartialité reconnue et des bonnes relations qui existaient entre Ûmer-Pacba et lui, que la fougue de ce dernier fût légèrement tempérée. Ce caractère^ longtemps contenu par une position secondaire, prenait en effet largement sa revancbe \ Omer-Pacha ne cacbait plus son désir de voir la guerre déclarée entre la Turquie et la Russie. Employé par son gouvernement dans toutes les occurrences sérieuses et difficiles, vainqueur des Druses, des Albanais et des Kurdes, considéré comme le premier bomme de guerre de l'empire, il avait de lui-même une baute opinion^ et souhaitait vivement une occasion de se mesurer avec des adversaires européens. Il parlait des généraux Haynau, Lûders, Rudiger , Jellachicb, du maréchal Paakievitch lui-même, comme s'il avait parlé d'égaux avec lesquels il lui tardait de se rencontrer sur un champ de bataille. Cette confiance ne déplaisait pas ; mais on eût

1 Homme d'impression, le muchir tenait souvent un langage aussi variable que ses impressions mêmes. C*est ainsi qu*à une époque où il avait espéré être ministre de la guerre, son dôsap<pointement, en apprenant la nomination d'un concurrent, lui arracha les discours les plus amers contre la Porte et les plus imprudents^ puisqu'il dévoilait, avec Tautoriléd^un homme du métier, les o6iéi faibles de la Turquie comme puissance militaire.

"voulu la Toir s'exprimer avec moins d'assurance. Noire excessif respect des convenances nous rend insupportable le naïf aveu de la supériorité^ plus modeste cependant quelquefois qu'une modestie affectée. Les événements de 1853 et 1854 ont donné en partie raison à Omer-Pacha, et^ de l'avis de tous les juges impartiaux, il s'est montré supérieur à ses adversaires.

Parmi les généraux russes qui se trouvaient alors à Bucharest, il y en avait qui venaient de jouer un rôle dans la campagne de Transylvanie, ou qui devaient plus tard se mesurer avec les Turcs ou leurs alliés sur les bords du Danube ou en Crimée. Les généraux LiiderSy Dannenberg et Niépokoëtchinski étaient ceux qui commandaient le plus rattention, soit par leur rang, soit par leurs qualités et leur caractère. Le général Lûders, commandant du cinquième corps qui avait opéré en Transylvanie, serré comme un jeune homme dans son uniforme, aussi empressé dans un salon auprès des femmes qu'audacieux devant l'ennemi, payait partout de sa personne, le compliment à la bouche ou le pistolet au poing, sans être arrêté par son âge ou par son rang; ses manières étaient simples, son langage dépouillé de toute affectation et de toute emphase. Il venait de remporter de grands succès en Transylvanie ; ses flatteurs l'appelaient le libérateur de la Transylvanity et lui donnaient le surnom de* 2akarpatsky, qui n'a été consacré ni par un ukase ni par rhisloire. Il racontait lui-même la campagne qu'il venait de faire avec une modestie qui rehaussait son

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