III.^LES TURCS EN VALACHIE
Ayant ninsi^ en trois semaines, accompli sa tâche en Balgarie, Omer-Paclia s'en retourna en toute bâte, avec sa suite seulement, rejoindre son corps d'armée à léni- Bazar. Là, il reçut de Serajevoet de la Graine Tavisque les Bosniaques mahométans regardaient son hésitation à pénétrer dans l'intérieur de la Bosnie comme une preuTO de faiblesse, et qu'ils prédisaient d'un ton railleur « qu'Omer-Pacha laisserait sa réputation en Bosnie, » ajoutant que, si leurs compatriotes les pachas et beys retenus dans le camp de Serajeyo ne leur étaient pas rendus sous peu, ils iraient les délivrer, ties menaces engagèrent Omer-Pacha à hâter sa marche sur SerjyeTO, et ce mouyemeot fut effectué malgré de graves difficultés de terrain. La Bosnie n'est qu'une grande forteresse défendue au sud et à Fouest par d'énormes crêtes de rochers que traversent un petit nombre de défilés, tandis qu'à l'est se trouvent les montagnes qui s'étagent du nord-ouest au sud-est, de Viscbegrad à Senitza, et le profond fossé de la Drina. Pour être maître de la Bosnie, il faut pénétrer à Travnik et à Serajevo, c'est-à-dire dans la grande concavité triangulaire qui occupe le centre de celte forteresse naturelle, et qui présente à son angle septentrional le château élevé de Vranduk, à son angle oriental Serajevo et son amphithéâtre de montagnes formidables, à son angle occidental le défilé de Travnik, et plus loin la forteresse de Jaîtza. Il suffit de jeter les yeux sur la carte de cette province pour reconnaître combien sont justes les expressions par lesquelles les Hongrois, pour excuser leur
retraite de ce pays en 4^64^ caractérisaient la Bosnie : Ârces jitgis impositcBy opère et natura munitœ, regio minantibus in cœlum scopulis aspera.
Des députations de chrétiens bosniaques vinrent près de Serajeyo au-deyant d'Omer-Pacha. Leur attitude était embarrassée^ et il était facile de deviner à leur maintien que la crainte qu'ils avaient de leurs compatriotes musulmans les empêchait seule de se prononcer plus nettement en présence du commissaire impérial, afln de ne pas être soupçonnés de vouloir lui venir en aide pour Taccomplissement de sa tâche. Cependant alors les chrétiens de la Bosnie n'étaient pas sans espérer beaucoup d'Omer-Pacha , mais en même temps ik avaient peu de confiance dans ses forces matérielles^ et ils craignaient, en se mettant de nouveau en contact avec les musulmans, d'être exposés de leur pari à une double vengeance. Ils étaient donc fort circonspects, et la terreur tenait même leurs langues captives. Omer- Pacha leur fit l'éloge du tanzimat et leur développa les avantages qu'ils pouvaient en retirer; mais rabattement peint sur leurs visages montrait bien qu'ils ne croyaient pas encore à l'introduction de la réforme en Bosnie. Omer-Pacha leur rappela qu'ils devaient prêter leurs services à Tarmée impériale, et les chrétiens promirent comme des gens habitués depuis longtemps à ne jamais recueillir le prix de leurs efforts.
Orner 'Pacha se préparait à faire une entrée solennelle dans la capitale de la Bosnie. Il voulait faire comprendre aux Bosniaques comment il entendait les