III.— LES TURCS EN VALACHIE
traiter à l'avenir. Tous les notables de la ville et tous les membres des députations de la province avaient été^ d'après Tordre secret donné par Orner-Pacha^ placés sous la surveillance militaire dans le camp turc, près deSeragevo. Us voulurent^ conformément à un ancien usage, aller au-devant du commissaire impérial et l'accompagner dans la capitale comme leur hôte ; mais Omer-Pacha prévint cette démarche en envoyant à leur rencontre un détachement de troupes qui les retint en ville^ et leur fit signifier qu'il ne venait point comme leur hôte^ mais bien comme un envoyé plénipotentiaire du sultan en Bosnie^ cbargé de juger ceux qui n'avaient pas encore exécuté les ordres de leur souverain. Cet acte hardi d'autorité jeta la confusion dans l'assemblée des notables. Ils ne surent rien résoudre. Ils auraient voulu tenir un conseil, mais on ne leur laissa ni le temps ni le lieu pour se réunir : la foule encombrait les rues, et Omer-Pacha était attendu d'un moment à l'autre Us furent mis en ligne par un officier de l'avant-garde sur le passage d'Omer-Pacba, et se virent obligés de le saluer comme le reste de la population. Cette conduite du commissaire impérial fit sensation dans son armée, qui avait pu voir que .son chef ne respectait guère les pachas des btuhi-bouzouks et les heurtait de fronts comme aussi dans la population bosniaque. CeUe-ci put se convaincre en effet qu'Omer- Pacba était décidé à exercer son autorité en maître fier et absolu, et qu'il n'était pas bomme à se laisser intimider par les primats du pays, ainsi que cela se
passait jadis à Tarrifée d'un commissaire extraordi* naire.
Celle première impression était t)onne et Toocasion bien choisie, car l'armée, qui avait fait son entrée en Bosnie avec hésitation, et le corps réuni autour de Ser^evo,qui avait jusqu'alors marché sans succès, avaient douté des talents de leur chef. Les soldats prirent courage dès qu'ils virent dans Omer-Pacha un homme sous les ordres duquel les combats pouvaient être glorieux. Cette attitude inspira également de la confiance aux chrétiens, qui commencèrent à croire à l'introduction dutanzimat, puisque la tftche de le faire exécuter était confiée a un chef qui bravait avec tant de dédain et décourage le vieux parti turc. Les bejs elles pachas, installés dans le camp impérial, étaient profondément affligés et n'osaient pas relever la tète ; ils ne pouvaient tomber d'accord sur la conduite qu'ils devaient suivre, lorsque, trob jours après l'entrée d'Omer-Pacha dans Senjevo, arriva Rustem-Hafiz-Pacha, fils d'Ali-Pacha, gouverneur de l'Herzégovine. U était chargé d'excuser son père et de le remplacer à l'assemblée des notables. C'était là le but avoué de sa mission, mais en même temps il venait annoncer en secret aux primats bosniaques que son père promettrait pour le moment d'iotroduire le tanzimat dans son gouvernement, et qu'il ne s'en préparait pas moins à expulser le corps d'ocaipation. Rustem-Hafiz-Pacha engagea les pacbas et les beys à promettre de leur côté tout ce que le coomiis* saire impérial leur demanderait; on remettait à Tau-