‹ Chrétiens et TurcsChapitre 63 sur 119 · III. -LES TURCS BN VALACHIE · texte numérisé non relu

III. -LES TURCS BN VALACHIE

tocnne un fioulèvemenl qui aurait pour résultat la difitructioo complète des troupes afTaiblies des giaoun. Omer^Pacha, blessé de l'abseuce d'Ali-Pacha Stolatcbovitz et en pénétrant les motifs^ n accepta pas les excuses apportées par son fils, et déclara à Rustem-Hafiz-Pacha qu'il considérait son absence comme un refus d'accepter le tanximat. Rustem-Hafis-Pacha dut donc éorire à son père de se rendre à SersgeTO ; mais Ali-Pacha s'arrangea de manière à n'y arriver que deux jours après la promulgation du tanzimat et la prestation de serment qui la suivit. Cette promulgation n'eut lieu que le i août i8S0, parce que l'absence d'un homme aussi con* sidérable qu'Ali^Pacha avait retardé les opérations de l'assemblée. La lecture du tanzimat eut lieu avec beaucoup de solennité et de pompe religieuse, en présence d'Omer-Pacha, du nouYeau gouverneur de la Bosnie, Haflz»Pacha, de tous les pachas, beys et hauts fonctionnaires de la Bosnie, qui prêtèrent chacun entre les mains d'Omer-Pacha le serment d'observer fidèlement les principes du tanzimat. Après cette cérémonie, Omer prononça un discours qui, au dire d'un témoin oculaire, émut l'auditoire jusqu'aux larmes. Fazli- Pacha et Uahmoud-Pacha demandèrent l'autorisation de porter le iépilik (insigne de l'armée régulière), ce que leur accorda Omer-Pacha. C'était la scène du Imiser Lamourette renouvelée en Bosnie par des acteurs dont la plus grande partie ignorait certainement l'histoire de l'assemblée constituante.

Deux jours après arriva AU-Pacba; il se fit rendre

compte du nouvel état de choses qui devait être iniitH duit en Bosnie et en Herzégovine^ prit connaissance du firman impérial, promit de conformer sa conduite aux ordres de la Porte, ei prêta lui-même serment de fidélité entre les mains d'Omer-Pacba et en présence du grand mejlis. Le retard d'Ali-Pacha avait rendu les Bosniaques fiers et hautains ; mais en le voyant arriver, ils commencèrent à douter de sa fermeté, et le parti des beys perdit courage. Cependant les pachas et les hauts fonctionnaires bosniaques-herzégoviens s'entendii^nt en secret avec le nouveau gouverneur civil, Hafis- Pacha, le même qui avait été battu par Ibrahim-Pacha et Soliman-Pacha à Nézib, partisan du système rétrograde et ennemi personnel d'Omer-Pacba. Leur abattement cessa, et ils partirent avec de nouveaux plans et de nouvelles espérances. Chacun retourna dans son district sous prétexte de veiller à la fourniture des vivres et aux autres besoins de Tarmée d'occupation; mais dès les premiers jours ils firent valoir les nom* breuses difficultés qui les empêchaient de tenir leurs promesses, et Omer-Pacha fut obligé d'envoyer dans les districts des officiers d'élat-mojor pour faire exécuter ses ordres. Cette mesure donna lieu à des collisions, d'ailleurs fréquentes en Turquie, où les employés civils et militaires agissent chacun suivant sa volonté, sans intérêt et sans profit iK)ur le gouvernement. Omer- Pacha, ne pouvant compter sur le concours de l'autorité civile, voulut veiller lui-même aux besoins de ses troupes. Hafiz-Pacha ne vit pas sans plaisir les difficul-

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