‹ Chrétiens et TurcsChapitre 64 sur 119 · III.— LES TURCS EN VALACHIE · texte numérisé non relu

III.— LES TURCS EN VALACHIE

tés qu'il rencontrait, et exigea que tout passât par ses mains* Quinze jours après la réunion des deux chefs^ la confusion était dans les affaires^ et après trois semaines les rapports entre les deux gouTerneurs étaient tels qu'en plein conseil ils se renvoyaient les aménités les moins polies^ et se séparaient avec des projets de Tengeance. Omer-Pacha reprochait à Haflz-Pacha de lui susciter des embarras^ et celui*ci reprocliait à Omer-Pacha de vouloir ruiner les bons Bosniaques mustUmans. D'injure en injure^ Haflz-Pacha appela le commandant en chef infâme renégat, et celui-ci traita Haflz-Pacha de vieille bête de somme.

U entrait dans les plans d'Omer-Pacha, au cas même où les notables bosniaques se fussent montrés plus soumis, de parcourir le pays avec un appareil militaire imposant, d'abord pour montrer aux Bosniaques son activité et leur inspirer le respect, ensuite pour ne pas laisser ses troupes s'amollir dans la vie des camps. Dès le 48 août 1850, craignant que les pachas et les beys ne le laissassent sans vivres, il entreprit de faire une expédition dans la Craîne, contrée doublement importante sous le rapport politique et militaire, et s'avança par Travnik, Soitza et Bania-Luca sur Priédor. Cette tournée produisit son effet et lui procura des vivres pour une année. Non-seulement il força par sa présence le mqlis à fournir sans retard le double de la quantité de blé qui avait été commandée, mais il entrava aussi l'exportation des céréales en Autriche, en mettant arrêt sur les magasins de l'Etat et des particu-

tiers. Pehdânt (ja'Omer^Pacha dblehait de boris résultai de sûh éîcursioD, les allaites te brooiUaient à Serajevo. Hâfit-htcha, déjà dédoncé à la t^rle fiar le commaDdant eh chef à taison de son iDautais Toaloir et accusé de conspirer atëc les primats bosniaques^ avait dotiné aussitôt après le départ d'Omer-Pacha des preuves non équivoques de son entente avec le parti des bêys ; il était parvenu même à mettre dans ses intérêts le commandant de la garnison de Set^jevo. C'était un motif plus que suffisant pour qu'Omer-Pacha demandât à laPorte la destitution d'Haflz-Pacba ; mais avant qu'elle arrivât^ Omer-Pacha se vit obligé de se rendre en toute hfite à Serajevo pour comprimer un soulèvement populaire contre la garnison qu'il y avait laissée. Il partit donc à Timproviste avec une petite escorte et parut à Serajevo, où sa seule présence mit fin à toutes les mutineries. Huit jours plus tard, c'est-àdire le 6 octobre, arriva de Constantlnople le flrman de destitution d'Haflz-Pacba, nommé gouverneur civil du pachalik'd'Andrinople, un des plus considérables de la Turquie d'Europe.

L'administration dUafiz-Pacha n'avait duré que deux mois. Pendant ces deux mois, Hafiz avait noti-senlement conservé les plus mauvais employés de Tahir-Pacba, mais il avait placé tous les misérables qui composaient sa suite. Hafiz-Pacha partit en toute bâte pour son nouveau gouvernement, sans prendre congé d'Omei^ Pacha et sans lui remettre la direction des affaires citiles, mais non sans avoir presque ouvertement excité

Page 1