‹ Chrétiens et TurcsChapitre 65 sur 119 · III.— LES TURCS EN VALACHIE · texte numérisé non relu

III.— LES TURCS EN VALACHIE

Ali-Pacha et les autres chefs bosniaques à une levée de boucliers. Aussi^ à partir du mois de septembre 4850, la situation de la Bosnie faisait appréhender un soulè- Tement général, et Omer-Pacha craignit avec raison d'être exposé pendant Thiver à des attaques de la part des Bosniaques. Il en était très-préoccupé, et malgré sa tendance à temporiser, il résolut de brusquer la guerre civile. 11 chercha donc à exciter Hustahi-Pacha et Mahmoud-Pacha, qui se préparaient en secret, aOn d'avoir, en les poussant à des actes d'hostilité ouverte, des motifs suffisants pour attaquer les rebelles. Dans la guerre, Taudace est quelquefois de la prudence. Au surplus il est naturel de penser qu'Omer-Pacha n'aurait pas vu avec plaisir la soumission pacifique de la Bosnie. Son amour-propre et son ambition lui faisaient rechercher les difficultés et les triomphes. Pour rester volontairement dans l'obscurité quand on peut passer le seuil de la gloire, il faut une grandeur native dans le caractère ou avoir ressenti de bonne heure la tristesse qui s'empare des âmes d'élite, quand elles voient sur quels fronts s'égarent quelquefois les rayons de la renommée.

Avant de raconter les opérations militaires d'Omer- Pacha, il ne sera pas inutile de dire quelques mots des rapports de l'Autriche avec la Bosnie. L'Autriche a toujours eu le droit, en vertu de ses traités avec la Porte, d*avoir des agents consulaires en Bosnie et en Henégovine pour la protection de ses intérêts politiques et commerciaux; mais jusqu'en 1850 elle n'avait

aucun agent dans ces provinces. Le motif de cette abstention semble avoir été la haine implacable que les Bosniaques ont de tout temps portée aux Autrichiens, et qui était telle que la Porte Ottomane n'avait pu garantir au cabinet de Vienne l'inviolabilité de ses consuls, attendu que les Bosniaques pouvaient se porter contre les agents de rAutriche à de graves voies de fait, ce qui eut lieu malheureusement il y a peu d'années. L'occupation du pays par Omer-Pacha parut donner suffisamment de garanties au cabinet de Vienne pour qu'il demandât au divan Tinstallation de ses consuls, qui reçurent en effet leurs béraU de la Porte Ottomane. Le gouvernement autrichien nomma comme consul général en Bosnie M. Demitri Athanascovirilx , Slave de naissance, grec de religion, et, si nous ne nous trompons, proche parent de l'archevêque de Carlovntz. D'abord agent à Galatz , plus tard à Trébizonde, consul en Serbie au temps du prince Michel Obrenovitcb, H. Demitri Athanascowiiz avait été en disponibilité depuis la chute du prince Michel jusqu'en 1850. A l'époque où Omer-Pacha faisait son excursion de Sarajevo à Priédor, le consul général d'Autriche s'était joint à lui, et ils étaient arrivés en même temps à Travnick. M. Athanascowiiz avait demandé à Omer- Pacha de lui prêter ses bons offices. Omer-Pacha avait tout promis, mais il était au fond très-mécontent de voir que l'Autriche, qu'il aimait peu, avait placé près de lui un surveillant. Le gouverneur civil ayant sa résidence à Serajevo, le consul d* Autriche s'y

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