‹ Chrétiens et TurcsChapitre 66 sur 119 · III.— LES TURCS EN VALACHIE · texte numérisé non relu

III.— LES TURCS EN VALACHIE

rendit pour s'y installer, tandis qu'Omer-Pacba conlinaait ses excursions autour de Priédor. Il parait que le coramandant en chef ne se le fit pas scrupule de plaisanter à table en présence de ses officiers sur le gou- Temement autrichien et son consul général. On put préyoir dès lors que ces deux hommes seraient bientôt ennemis déclarés.

Peu préoccupé des suites que pouvait avoir cette affaire et décidé à provoquer un mouvement^Omer-Pacha envoya des officiers de son état-major avec une trèsfaible escorte de cavalerie à Mahmoud-Pacha à Tousla et à Hustapha-Pacha à Bihatch , pour les obliger au payement d'anciennes contributions arriérées. Ces officiers avaient Tordre secret d'irriter les pachas afin de les forcer à jeter le masque. Cette ruse réussit pleinement. Kadyr-Bey, lieutenant-coloneU joua si bien son rôle à Tousla, qu'il faillit y iierdre la vie la seconde nuit de son arrivée» et qu'il échappa avec peine aux rebelles en se réfugiant en Serbie. Il perdit trois hommes de son escorte. Huit jours après, la plus grande partie de la Bosnie était soulevée. Les habitants de la Craîne se rassemblèrent à Bania-Luca pour prendre position à Jaïlza. Les Passaviniens, ou habitants de la rive droite du Yerbas jusqu'à la frontière de Serbie^ devaient marcher avec les Bosniaques du sud de Novibazar sur Serajevo^ pour cerner le giaour paeha et l'anéantir. Les Herzégoviens^ de leur côté» gardaient leur frontière, pour s'opposer à l'entrée des troupes impériales. Omer- Pacha j exactement informé des forces et des plans des re-

belles, s'était préparé en silence. 11 renforça le faible ba« taillon qui était en garnison à Coépitza, sur la frontière de THerzégoTine, de deux cents hommes et de trois cents canons, et mil cette garnison sous le commandement dibraliîm-Pacha, dit Taufektchi, qu^l chargeait d'occuper une position forte près de Coénitza, et de ne Tabandonner dans aucun cas. Il le pourvut de vivres pour un mois. Il envoya un régiment de cavalerie, ayec deux canons, à Jaîtza, sous le commandement d'Ali-Saroch- Pacha, avec ordre d'empêcher Toccupation de Jaitsa par les Bosniaques, de s'y établir, et, s'il était posrible, d'avancer jusqu'à Baiya-Luca pour observer et occuper la colonne des Craîniens.'Dans le cas où les Bosniaques abandonneraient Bania-Luca, Ali-Saroch-Pacha devait y prendre position, menacer la ville de pillage et dincendie, et au besoin mettre ces menaces à exécution. Le lendemain, quatre compagnies se mirent en marche par Travnik pour occuper Jaîfxa et voir si Ali-Saroch* Pacha pourrait exécuter sa marche sur Bania-Luca. Un bataillon resta en garnison à Travnik; il devait mettre le feu aux quatre coins de la ville, si elle se montrait hostile. De léni-Bazar, on n'avait aucune attaque à craindre, parce que tous les hommes en état de porter les armes s'étaient rendus i Tousla, où était le corps principal des révoltés, et parce que deux mille Albanais irréguliers, arrivant de l'Albanie, se dirigeaient de ce côté, ils devaient laisser cinq cents hommes de garnison à léni- Bazar, et le reste devait continuer sa marche vers la frontière serbe jusqu'à Tousla.

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