‹ Chrétiens et TurcsChapitre 67 sur 119 · III.— LES TURCS EN VALACHIE · texte numérisé non relu

III.— LES TURCS EN VALACHIE

Aussitôt qu'Omer-Pacba se fut assuré qu'Ibr&biin* Toufektchi-Pacba s'était emparé de la position qu'il liii avait indiquée près de Coénitza, et qu'Ali-Sarocli-Pacba avait quitté Jailza après s'en être rendu maitre^ il partit de Serajevo avec cinq bataillons complets^ quatre canons, deux escadrons de bussairds et cent Albanais, en tout quatre mille hommes, suffisamment pourvus de vivres |»our un mois. Il laissa à Seravejo, pour la g^e du mtjlis, buit cents bommes sous le comman4emf)pt du général de division Abdi-Pacha, qui avait ordre, en cas de soulèvement, de bombarder la ville et d'j mettfe le feu sans ménagement. A cet effet, on prépara publiquement les cercles à feu, afin d'intimider les boitants, et on les transporta en plein jour dans le camp sitiié aux portes de la ville. En ce moment , le nouveau gouverneur civil de la Bosnie, Haireddin-Pacbà, s'epi*barquait à Constantioople, avec mille bommes nouvellement recrutés, pour se rendre par Cattaro et THerzé* goviae à.Serajevo. Omer-Pacba marcbaavec ses quatre mille bommes sur Travnik, mais il fil un détour près de Ketz-Han pour rencontrer Favant-garde des insurgé^, forte de trois mille bommes à Zenitza. Il la culbuta le 18 octobre , occupa Zenitza, y laissa cent bommes ^l cbercba à tourner le corps principal de Tennemi, qui occupait la forte position de Vranduk avec buit mille hommes et deux canons. Le bourg de Vranduk est situé dans une longue gorge de montagnes à travers laquelle la Bosn^ s'est frayé son lit, et sur la pente d'un rocber auquel on n'arrive que par un seul cbemin à

8i8 CHRÉTIENS ET TURCS.

peine praticable sur la rive gauche de la Bosna, et qui conduit tout d'abord i un petit fort. Ce bourg compte trente maisons^ chacune d'elles adossée au versantrapide de la montagne forme une sorte de bastion ; le petit fort domine tellement le chemin qu'avec quelques canons et deux cents hommes on pourrait empêcher tout passage de troupes. C'est dans ce nid inaccessible qu^était le quartier général des insurgés à la tèle desquels se trouvait Hustahy-Pacba qui se croyait parfaitement en sûreté. Le mouvement fut exécuté avec un plein succès. Hustabi-Pacha> s'étant avancé à la rencontre d'Orner- Pacha dans Tespoir de le surprendre^ fut obligé de se replier sur la place> tandis que les trois mille hommes réunis sous ses ordres étaient dispersés par l'armée turque. Bientôt Vranduk même fut attaqué et dut se rendre. Une position qui dominait la forteresse était tombée aux mains des troupes d'Omer-Pacba. Celui-ci fit préparer sous les murs de Vranduk, pour fêter sa victoire, un festin avec les bœufs et les moutons abandonnés par les insurgés*. Dans l'après-midi du même jour, la garnison du fort de Vranduk voyait apporter dans le camp d'Omer-Pacha de grandes pièces de bois qui devait servir à la construction d'une écurie provisoire. Croyant qu'on préparait des échelles d'assaut, les insurgés envoyèrent avant la nuit des par-

> Les Bosniasques aTiient ea dans ce combat Ux)is cent quarante* no morts et quatre- vÎDgt-ireize blessés. Du c6té des troupes impériales, il y eut quinze morts et cent neuf blessés.

Page 1