III.-LES TURCS EN YALACHIE
n^avoir Jamais essayé d'attenter à ses Jours. U assura
que pendant son somtneil un Turc^ prisonnier comme lui^ avait cherché à Tassassiner, qu'il s'était débattu el avait appelé le gardien à son secours. Joukitz dut à Tintervention du clergé catholique de Gonstantinople d'être appelé dans cette capitale |jour rendre compte de Taffaire. U prêta serment à Tappui de son innocence et fut acquitté; mais^ le séjour en Bosnie lui étant interdit^ il partit pour Rome.
En août i%M, le siège du gouvernement fut reporté à Serajevo^ ainsi que l'avait résolu Omer-Pacha. Bien qu'il présid&t à l'administration de la province^ on n'entendit parler d'aucune amélioration ni d'aucun adoucissement au sort des chrétiens. Quelques paroles échappées à Orner- Pacha firent penser qu'il croyait indispensable de les maintenir sous une règle sévère à cause de leur penchant au panslavisme; le général en chef craignait aussi d'avoir tôt ou tard à réprimer de ce côté uue nouvelle levée de boucliers en masse , excitée par FAutriche et soutenue par la Serbie.
Le nouveau gouverneur civil de rHerzégovineJsmail- Pacba^ arriva enfin et entra immédiatement en fonctions. Ismail-Pacha était un Turc de l'ancien régime^ qui ne fit autre chose que remplir sa bourse pour payei les dettes qu'il avait laissées à Gonstantinople^ et qui s'élevaient à plus d'un million et demi de piastres. On supposait que ses créanciers influents lui avaient procuré ce poste pour lui fournir l'occasion de remplir ses
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engagements. Uu mois plus tard, les chrétiens bosniaques furent consternés par un ordre qui leur enjoignit de déposer leurs armes entre les mains des agents da gouvernement. Orner* Pacha fit exécuter sans retard le désarmement en envoyant des officiers avec une faible escorte dans tous les villages. A cette occasion, la brutalité de la soldatesque se montra dans toute son horreur. Les officiers et les soldats ne se rendirent pas seulement coupables d'exactions; ils maltraitèrent ausâ les paysans et les prêlreSy violèrent les femmes et les enfants. Des plaintes déchirantes arrivèrent i ToreiUe d*Omer-Pacha; mais ses réponses, sévères jusqu'à la dureté, découragèrent les malheureux chrétiens, qui n'eurent plus qu'à gémir en silence. Le général en chef ne voyait en eux que les instruments du panslavisme et de TAutriche ; aussi les frappait-il sans pitié. Les Turcs applaudissaient à ces violences, et quelques-uns même profitèrent de Toccasiou pour se débarrasser de leurs créanciers^ qu'ils faisaient arrêter comme suspects, et qui ne recouvraient leur liberté qu'à prix d'argent. Le désarmementavait donné à lafinde février 1852 dix-huit mille fusils, soixante-dix fusils de rempart, vingt et une mille paires de pistolets, quatremille cinq cents sabres et sept mille yatagans, qui furent déposés dans l'arsenal de Serajevo. Des Turcs à même d'être bien informés prétendaient cependant que ce nombre ne représentait que le tiers des armes aux mains des chrétiens.
La mission d'Omer-Pacha en Bosnie touchait à son
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terme, et le séraskier ne tarda pas (mars 1852) à rece- Yoir Tordre de se rendre à Constantinople. Il se mit immédiatement en route, accompagné de tout le peraonnel de sa chancellerie de guerre. On apprit plus tard qu'il avait été appelé à Constantinople, ainsi que l'intendant de son corps d'armée, pour rendre compte de ses opérations administratives. De sérieuses accusations étaient articulées contre Omer-Pacba. Ce qui est notoire, c'est que le résultat de l'enquête de la Porte fut Ig destitution de tout le personnel de l'administration de l'armée et le renvoi des secrétaires particuliers d'Omer-Pacha, à qui on en imposa d'autres. Le vainqueur des insurgés bosniaques fut maintenu dans son poste de gouverneur militaire "de Roumélie, mais il n'exerça plus aucune influence dans la province qu'il avait soumise, et où la supériorité du général d'armée n'avait pu faire oublier les fautes du chef politique.
Depuis que ce récit a été écrit , de nouvelles insurrections ont éclaté au sein des populations slaves de la Turquie d'Europe, et notamment en Bosnie et en Serbie.
Semblables à une mer qui a envahi de vastes contrées, et dont les flots appauvris se retirent graduellement de divers points, les Ottomans^ après avoir porté
répouvanto jusiiue sur les côtes dltalie et avoir menacé Vienne; après avoir fait trembler l'Europe et arrêté l'essor de lacivilisatîon chrétienne en Orient^ ont perdu peu à peu leur puissance^ leur prestige, leur importance même; et leur faiblesse est devenue un objet de préoccupation aussi grave que celles qui dominaient les conseils de la chrétienté au temps de leur force. La Crimée leur a été ravie ; la Grèce, après un servage de quatre siècles, a glorieusement recouvré son indépendance ; l'Algérie est devenue française; PEgypte, «bien que sous des princes musulmans, se sent poussée par le soutQe de l'Europe ; et les révolutions qui changent si profondément la face de l'empire ottoman se succèdent^ se pressent maintenant sous nos yeux avec une rapidité qui semble convier l'aclion à marcher aussi vite que la réflexion.
Dans la situation où se trouve cet empire encore si grande mais pareil à un monument dont une convulsion intérieure a disjoint les nombreuses parties^ tout devient la cause ou le prétexte de déchirements. L'Occident se coalise pour s'opposer à l'invasion ou à la destruction de la Turquie au profit de la seule Russie; mais la présence de ses arméos sur le sol de l'Orient fait tressaillir les populations chrétiennes; et oellea-U même que les armes chrétiennes avaient pour mission de rattacher par les liens du droit public européen à la suieraineté ottomane saisissent l'occasion qui leur est oflèrte de faire entendre leur voix au monde, et de demander d'être reçues enfin dans la grande