I.-LES RELIGIONS ET LES RACES
rie fanatique, des meurtres perpétrés par des musulmans sur des chrétiens, et ces meurtres demeuraient beaucoup trop souvent impunis; mais il n'y avait, il n'y a légalement rien en Turquie de ce qui a existé ou existe encore en Angleterre, en Espagne ou en Suède. En Turquie, tous les cultes sont, au point de vue S()iritue], essentiellement libres, et les cultes que j'appellerais occidentaux, le catholicisme et le protestantisme, jouissent d'une entière liberté, non-seulement spirituelle, mais d'action. Les catholiques, même rayas, correspondent librement avec le saint-siége et ont avec Rome des rapports aussi libres que ceux qui existent en Belgique entre la cour de Rome et le clergé du royaume. Dans le Liban et dans les villes du littoral de la Syrie, les fidèles élisent leurs évéques; ceux-ci s'assemblent en synode, élisent leur patriarche, communiquent avec le saintsiége, soit par le délégué apostolique qui réside à Antoura dans le Kesrouan, soit par le délégué du patriarche qui réside à Rome à Saint-Antoine des Maronites, près de Saint-Pierre-aux-liens, sans que le gouvernement turc intervienne en aucune façon dans ces relations séculaires. Rome confirme les élections, envoie le palHum au patriarche, suspend les prieurs des couvents, ou exile et excommunie les moines très*souvent remués par Tesprit de désordre, refuse de reconnaître une élection d'évêque si elle n'est pas canonique, sans que Tautorilé musulmane s'en émeuve ou s'en préoccupe. Quant aux autres chrétiens de la Turquie, ils peuvent se conduire, en ce qui concerne leur culte au point de vue spirituel.
absolament suivant leur ccmscience. L'élection a lieu pour les éyéques et les patriarches; les jugements ecclésiastiques sont rendus, les peines sont appliquées sans que l'autorité musulmane y fasse même attention; les Turcs s'adressent aux municipalités, aux corps de nation, pour percevoir l'impôt, mais ils n'interviennent ni pour le culte ni pour T instruction publique, lai:^sée complètement libre, à ce point que dans des viUaKes grecs et bulgares on professait ouvertement la haine du croissant, Tamour et l'admiration pour le tsar, et que l'on prie publiquement pour ce souverain dans toutes les églises. J'ai connu dans une grande ville de l'Asie Mineure un professeur bulgare qui avait une presse nullement clandestine, puisqu'il ne cachait pas l'usage qu'il en taisait, et qui lui servait à imprimer de petits ouvrages de sa composition destinés à l'éducation de l'enfance et de la jeunesse bulgare, et dans lesquels rhostiliié au gouvernement du sultan n'était point déguisée. En 1810, de riches négociants grecs de diverses parties de Fempire, mais notamment de TÉpire, établis à Constanlinople, y imprimèrent et y publièrent un Dictionnaire du commerce écrit en grec moderne très-pur,et précédé d'une préface éloquentedans laquelle étaient rappelés les jours glorieux de la Grèce antique et prédit le réveil des Hellènes et le triomphe de la croix sur le croissant. Ce fut malheureusement un aml)assadeur français qui, dans les premières années de ce siècle, appela l'attention et excita les soupçons et la colère du divan contre l'école que le grec Econo*