‹ Chrétiens et TurcsChapitre 94 sur 119 · IV.— LA GUERRE SUR LE DANUBE. B · texte numérisé non relu

IV.— LA GUERRE SUR LE DANUBE. B

Omer-Pacha à Bucbarest, où rien n'aurait pu l'empêcher de faire une pointe. Les ministres valaques (le prince était parti) Tinrent trouver le consul général de France et le prier de leur prêter son appui et sa protection auprès du serdar dans le cas où il entrerait à Bncbarest : ils se reconnaissaient coupables enrers le suitan et redoutaient la colère du vainqueur. La plus grande confusion régnait dans les ordres du prince Gortcbakof. Ce désastre refroidit l'entbousiasme des soldats russes et tempéra la jactance de leurs officiers ^ Telle était Fétrange confiance des troupes du isar dans leur fortune, qu'après cinq mois de séjour à Bucbarest^ rien n'était préparé dans les hôpitaux pour le traitement des hommes atleinls par le fer de l'ennemi. La charpie, les bandages, les objets les plus nécessaires manquaient entièrement, et les malheureux blessés restèrent abandonnés pendant quatre ou cinq jours avant de recevoir les premiers soins ; il n'y eut pas même d'exception pour les officiers, dont quelques-uns se plaignirent amèrement *. La population de Bucharest, à l'exception de quelques grands fonctionnaires et de rentourage de l'hospodar, salua avec bonheur le triomphe des Turcs. La conduite inintelligente des

I C'est à la suite du combat d'Oltenltza que les ofOciers russes revêtirent, les jours de bataille, la capote de soldat.

* Les Polonais surtout, qui étaient en grand nombre dans la cavalerie russe, murmuraient hautement, c On nous fait tuer, disaient-ils, pour rendre le saint-sépulcre aux Grecs ; mais Tempereur devrait d'abord nous rendre nos églises et nos couvents, dont on a fait des granges et des magasins. »

agents russes , riinpré?oyance de leurs généraux , et Talliance de la Porte avec les puissances occidentales avaient rendu les Turcs populaires. La paix et leur ré* cente intenrenlion ont fait disparaître cette popularité passagère.

A la suite de la retraite d'Oltenitza, le prince Gortcbakof donna ordre au général Osten-Sacken, qui commandait le troisième corps d'armée^ réparti dans la Bessarabie etdans la Russie méridionale, de lui envoyer des renforts dans les principautés. Lui-même^ il se porta avec quarante mille hommes, qu'il avait réunis de divers points, et dont les pluies torrentielles avaient retardé la marche^ sur Oltenitza, afin d'attaquer de nouveau les Turcs; mais il se contenta d'observer leurs mouvements. Le li novembre, Omer-Pacha, voyant que le Danube grossissait^ ramena ses troupes des positions qu'elles occupaient^ et les fit repasser sur la rive droite. On fit ensuite par ses ordres une descente dans Hle de Hokan^ située à une demi-lieue en aval de Giurgevo, et qui devint pendant tout Thiver le théâtre de continuelles escarmouches.

Pendant qu'Omer-Pacha absorbait l'attention du prince Gortcliakof par son coup de main hardi sur OUenitza^ Ismaîl-Pacha passait sans aucun obstacle de Widdin à Kalafal et s'y établissait. La campagne , ainsi

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