‹ Chrétiens et TurcsChapitre 96 sur 119 · IV.— LA GUERRE SUR LE DANUBE · texte numérisé non relu

IV.— LA GUERRE SUR LE DANUBE

Elle permit^ ou le sait^ aux bospodars ^ de rester tant qu'ils seraient en mesure de faire respecter les attributions essentielles de Tautorité du pouvoir suzerain. L'échéance du tribut arriva le 13 octobre. Le prince Stirbey ne paya pas et prétendit rester. Il fallut alors que la Russie intervint, et le gouvernement du tsar dut lui donner à entendre qu'il était temps qu'il se retirât. Le prince Gortchakoff, tout en lui faisant à ce sujet une ouverture non équivoque, apporta assez de ménagements dans ses communications pour laisser à Thospodar Stirbey les apparences de la liberté du choix. Celui-ci comprit le sens des paroles qui lui étaient adres-

n^ayait point le droit de prononcer seule la déchéance des hospodars. On représentait d*ailleurs au prince que la Russie était forte et qu*il n*était pas sans péril pour lui de traverser ses desseins. Une disgrâce, en le frappant, rejaillirait dans l'avenir sur sa famille. Au contraire, en se déclarant ouvertement pour la Russie, il D*avait que des faveurs à attendre de ce côté ; son avenir et celui des siens était assuré, car le cabinet de Saint-Pétersbourg D*abandonne jamais ceux qui ont servi avec dévouement sa politique. — a Que peut la Turquie dans les Principautés ? disait-on « encore au prince de Valachie. Quelle récompense peut-elle « offrir à la fidélité? N'est-ce pas, au contraire, en bravant son « autorité que Méhémed-Ali, Milosch Obrenowitcli , George le « Noir, qui n'étaient au début de leur carrière que des rebelles « fameux, ont obtenu, de la puissance même dont ils avaient mé- « connu Tautorilé, des honneurs, des dignités, le pouvoir qu'ils « n'auraient jamais gardé s'ils étaient restés fidèles ! 11 n'y a donc « rien à espérer ni à craindre de la Porte. »

^ I/hospodar de Moldavie avait accueilli respectueusement la sommation de la Porte, en disant seulement qu'il croyait devoir soumettre la question à un nouvel examen du gouvernement ottoman. 11 finit par se retirer, mais après avoir montré plus de franchise que le prince de Valachie.

8ées : il ne demanda que deux concessions^ la première qu'on voulût bien soustraire encore pour quelques Jours le fait de sa retraite à la publicité, la seconde qu'on loi permit de se retirer sous le prétexte d'un Toyage en Autriche et en remettant provisoirement les rênes du pouvoir au conseil administratif. L'hospodar savait que Topinion publique à Bucharest saurait gré aux Russes de délivrer la Valachie d^un gouvernement impopu* laire : il voulait éviter le spectacle pénible de la satisfaction causée par son départ. Ses deux demandes loi furent accordées^ et une pension de 4,000 ducats par mois fut allouée à chacun des hospodars *. Le prince Slirbey s'empressa alors d'écrire à Rechid-Pacba nne lettre en date du i3 octobre, dans laquelle il représentait sa décision de quitter le pays comme dictée par la conviction qu'il avait acquise de ne pouvoir remplir ses devoirs envers la Porte. Cette lettre se terminait par la prière que Thospodar faisait à Rechid-Pacha de

i Le premier terme de la pension allouée par la Russie à lliospodar Slirbey n*échut qu*en 4854, car Tbospodar ayait touché d^avance le dernier trimestre de sa liste civile pour 4853. Quelques difficultés étant survenues à Bucharest sur le mode de payement en or ou en argent de cette pension, le prince déclara qu*il y renonçait au profit de son pays. Ce généreux sacrifice fat néanmoins sans résultat pour la Valachie, et Tbospodar, de retour à Bucharest en octobre 4854, préleva, d'après les comptes présentés au divan ad hoc en 4855, une somme ronde de 4,062,t84 pustres 31 paras pour 4854, tandis que le pays n'aurait dû avoir à dépenser que 785,333 piastres 43 paras, représentant les huit premiers mois de la pension de Thospodar en 4 854 et les quatre derniers de sa liste civile.

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