‹ Chrétiens et TurcsChapitre 97 sur 119 · IV.— LA GUERRE SUR LE DANUBE · texte numérisé non relu

IV.— LA GUERRE SUR LE DANUBE

déposer aux pieds de sa majesté le sultan l*hoinmage respectueux de son sincère dévouement et de son inviolable attachement à son auguste personne. La retraite des hospodars étant ainsi un fait accompli^ le baron Budberg fut nommé gouverneur général des Principautés ; il eut sous ses ordres en Valachie le con*» sul général et conseiller d'État Khalchinski^ et en Moldavie le prince Orousof .

Cependant Tarmée russe, au moyen d'une partie du troisième corps d'armée, avait réparé ses vides et avait été portée à quatre-vingt-dix mille hommes, dont vingtquatre mille de cavalerie; elle disposait de trois cent cinquante bouches à feu.L'armée turque avait aussi été considérablement augmentée, et Omer-Pacha se trouvait à la tête de forces qui égalaient presque celles de l'ennemi. Il commença donc à harceler les Russes tout le long du Danube, et à faire des descentes à Timprovisle à Kalarache, à Hokan, à Giurgevo, à Zimnitza, à Tournou et à Islas . Ces descentes étaient reçues vigoureusement parles Russes, et les pertes étaient presque toujours égales, mais elles tenaient Tarmée ennemie dans une constante alerte, et mettaient le général en chef dans l'obligation de diviser ses forces. Le plan d'Omer-Pacha s'exécutait avec une suite et une fermeté qui lui font honneur, et qui en Allemagne et parmi les généraux russes mêmes, qui avaient deviné ses intentions, ont été l'objet d'une juste admiration. 11 s'était retiré avec le gros de son armée dans le camp retranché de Choumia, et il avait fait passer un corps de près de

trente mille bommes à Kalafat^ où les Turcs avaient élevé de vastes et formidables fortifications. L^établissement des Turcs à Kalafat et la forte position qu'ils s'y étaient faite inquiétaient l'armée russe et dérangeaient les plans du prince Gortchakof, qui projetait une campagne en Bulgarie pour le printemps de 1854; de plus ses desseins sur la Servie^ dont il espérait beaucoup^ étaient traversés. Le général en chef russe se décida donc à prendre Kalafat^ et dirigea contre ce TiUage, devenu une place forte entre les mains des Turcs, trois divisions d'infanterie, six batteries légères, douze batteries de gros calibre, quatre régiments de cavalerie et huit régiments de cosaques» en tout de quarante à quarante-cinq mille hommes qui devaient cerner et attaquer le camp retranché et très-élendu des Turcs. Cette force considérable, dont on connut bientôt la composition et le nombre dans le camp des Turcs» les remplit d^inquiétude, parce que ceux qui étaient à Kalafat ne s'étaient pas encore mesurés avec les Russes, et que l'eQet moral produit par le combat d'Oltenitza s'était déjà affaibli. Les avant-postes turcs étaient dans des alarmes constantes. Pour faire cesser cette fâcheuse situation, Omer-Pacha appela Iskender-Bey à commander les avant-postes. Le lieutenant qui avait franchi avec tant d'audace et de bonheur les défilés de THer- [ zégovine habitua peu à peu la cavalerie turque et

[ les bachi-bouzouks, non-seulement à ne pas craindre

[ les lances des cosaques, mais à prendre l'otFensive alors

même que l'ennemi était supérieur en nombre. Isken-

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