IV. -LA GUERRE SUR LE DANUBE
der-Bey, qai parle parfaitement le turc et qui s'est complètement identifié avec la vie et les habitudes de rOrient, parvint à organiser des régiments de bachibouzoucks et à les soumettre à la discipline militaire. C'est jusqu'à ce jour la seule tentative de ce genre qui ait réussi, et Iskender-Bey est le seul qui ait transformé ces bandes sauvages et à demi nues en soldats réguliers. A la tête de ses cavaliers^ Iskender-Bey harcelait les Russes sur tous les points de leur ligne^ et tombait quelquefois même au milieu de leur cantonnements^ a Tchoupercheni; à Poyana, à Skripéty ; ses bachi-bouzouks répandirent bientôt la terreur parmi les cavaliers russes^ qui peu de temps auparavant méprisaient ces hordes indisciplinées.
Dans la plaine de Kalafat^ à droite de la route qui mène de ce petit bourg à Radovan, où se trouvait le quartier général de Tarmée russe^ est situé le village de Tchetaté, sur des collines qui s'élèvent à une distance de cinq ou six lieues de Kalafat et à une lieue du Danube. L'aide de camp général Anrep, un des plus brillants officiers de l'armée russe^ se servit habilement de cette position pour tendre aux Turcs un piège qui, sans leur bravoure, leur aurait été fatal. Une division d'infanterie russe prit position à Tchetaté et établit une batterie sur une colline qui domine la plaine devant ce
village. Ismaïl-Pacba, commandant de la garnison de Kalafat, inquiet de voir les Russes s'établir sur son flanc gauche, appréhendant de les voir descendre le Danube pour prendre Kalafat à revers et le cerner, se
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décida à sortir de son camp retranché et à marcher contre la position de Tchetaté. Le 6 janTÎer 4854, douze bataillons dlnfanterie^ trois régiments de caTalerie et quatre bataillons d'artillerie, sous les ordres d'Ismaîl- Pacba^ d'Ahmed et de Hustafa-Pacha, attaquèrent de bon matin les Russes rangés en bataille devant le village. Après un combat d'une heure, Tinfanterie russe plia ; Iskender-Bey fit une charge de cayalerie^ pénétra dans le village et sabra les artilleurs jusque sur leurs pièces. L'artUlerie russe, ayant perdu presque tous ses chevaux, laissa dix canons au pouToir des Turcs. I/infanterie se rallia derrière le village, protégée par les tranchées et par la batterie établie sur la colline, et un nouveau combat très-meurtrier s'engagea. Les Russes furent encore enfoncés et se retirèrent avec prédpilation; mais kmaïl-Pacha, Mustafa-Pacha et Iskender- Bey furent blessés, et Thésitation se mit dans les rangs des Turcs; néanmoins ils se préparaient à poursuivre vivement les Russes, lorsqu'une colonne forte de deux régiments d'infanterie, sous les ordres du colonel russe Baumgartner, qui avait été lancée par les ordres de l'aide de camp général Anrep, prit les Turcs à reverset leur coupa la route de Kalafal. Les Turcs, voyant le danger qui les menaçait, abandonnent Tchetaté, se pressent en colonnes serrées et se précipitent avec une indomptable énergie sur Tennemî, dont ils enfoncent les rangs à la baïonnette. Les Russes sont dispersés, et t les Turcs regagnent Kalafat, emportant leurs ooorts et
leurs blessés, ceux des Russes, et des milliers de ttasils