LITTÉRATEUR , ROMANCIER
(1817 — Lfi
« Ma conversion est ma noblesse, ma gloire et m» victoire. Aussi je recueille, avec un soin pieux, tout ce qui touche de près ou de loin à ma conversion. » (P. Féval.)
Ce n'est pas une biographie de Paul Féval que nous écrivons : les limites de ce recueil ne permettent qu'une courte notice. Tout a été dit, au reste (1), sur les débuts littéraires de ce romancier, sur ces succès et sa gloire, et quant aux étapes de sa conversion, il les a trop magistralement racontées pour que nous soyons tentés d'en refaire le récit. Mais comme lui, avec lui nous avons recueilli tout ce qui touche à cette conversion, et nous voulons le redire pour l'édification du lecteur.
Ce romancier célèbre naquit à Rennes, d'une famille antique, en 1817. Par sa mère, Paul Féval était de vieille souche bretonne, et son père, qui avait accueilli la Restauration avec bonheur, fut conseiller à la Cour royale. Le futur écrivain vécut pendant vingt ans dans un milieu royaliste et chrétien dont le souvenir ne le quitta plus. « Ce sont ces influences bénies de la religion et de la famille qui, plus tard, à Paris, à l'époque de ses plus grands succès, quand il sera le rival des Frédéric Soulié et des Eugène Sue, le préserveront de faire, comme eux, de lâches concessions aux bas appétits du public (2). »
Fidèle à ces traditions, déjà dès le collège, en 1830, Paul Féval professait hautement ses convictions royalistes et sa foi religieuse. On le voulait avocat; il tenta la carrière et dut
(i) Plus de quarante biographies ou notices historiques ont été publiées sur ce romancier.
(2) Edmond Biré.