PAUL FÉVAL I
ami, Raymond Brucker(l). La première communion n'a pa h grande émotion, l'intensité de vie que possède la Mort <i" Père on Pierre Blot, mais il s'en dégage un charme, un exquise vraiment incomparables.
lins tard, parurent les Merveilles du mont Saint-Michel, el le Denier du Sacré Cœur, qui affirmèrent encore la foi «lu romancier catholique (2 \.
L'humilité, on l'a dit, était descendue dans ce cœur jusquelà si superbe, si plein d'une vanité des plus dodues qui se puisse rencontrer. En voici la preuve dans cetl i page intéressante de Ch. Chincholle, intitulée : l'Ermite de Clignancourt.
« Une heure après la réception de la lettre de Paul Féval, nous étions devant sa porte. L'itinéraire était on ne peut plus exact, seulement Féval ne nous avait pas informé de l'enseigne afchinaturaliste qui s'étale sur son mur d'entrée : Mort aua vaches !
» — Comment ne faites-vous pas enlever cela? lui disionsnous.
» — Parce que c'est si bon d'être insulté ! »
La réponse nous peint de suite l'homme tel qu'il est devenu. On va en juger ; mais avant de poursuivre, nous sommes pris d'un scrupule. Ce que nous avons à dire est si surprenant que nous avons peur de ne pas avoir la plume assez respectueuse. Jamais nous ne pourrons parler de l'auteur des Mystères de Londres comme d'un saint évoque. Et pourtant... faisons-le parler lui-même :
« Oui, mon cher, je viens de quitter les Ternes. C'était trop loin du Sacré-Cœur, tandis qu'ici j'en suis à un quart d'heure. Si vous saviez comme il est doux de prier et de ne plus penser qu'à l'amour de Dieu, quand on a passé la vie à
(1) Voir dans la première série de cet ouvrage, tome II, la biographie de R. Brucker, revenu de loin à son Dieu.
(2) La vente de ce dernier volume valut plus de cent mille francs à la basilique du Sacré-Cœur, dont M. Féval ne toucha pas un sou.
106 littérateurs', savants et artistes
célébrer l'amour des mitres. Vous me demanderez alors pourquoi je ne me suis pas logé encore plus près du Sacré- Cœur. Que voulez-vous ? Je ne suis pas assez saint. le n'aurais pas le courage de ces moines sublimes qui couchent sur la pierre et qui se frappent avec des cordes à nœuds. Il me fallait donc une autre mortification. Je l'ai. Je me fais vieux ; je ne peux plus marcher. Alors, je me suis mis au pied de la Butte-Montmartre. Cela me force à monter. Le chemin est dur ; il Test moins que le chemin des Oliviers. Il ne l'est pas assez pour un homme qui a fait tant d'abominables choses ! Heureusement toutes vont disparaître, toutes. Dieu permettra que je vive pour les convertir comme je me suis converti ! S'il ne le permet pas, mon testament est fait : on détruira a jamais ce que je n'aurai pu corriger.... »
» Pendant qu'il parlait, nous regardions le jardin, un vaste carré qui, aboutissant à un terrain vague, est clôturé par des planches mal jointes. Des rôdeurs de barrière jouaient dans ce terrain.
» — Venez, reprit Féval, vous aussi, vous avez besoin d'être mortifié ; venez. »
» Déjà nous étions dans le jardin. En nous voyant, tous les voyous se collèrent contre les planches :
« — Ohé, jésuites, calotins!... Dis-donc, Auguste, il ne les empêche pas de bien manger, leur bon Dieu ! Regarde donc le vieux, comme il est rouge ! Bon appétit, otages î »
» Féval rayonnait:
» — Vous entendez, mon ami ? Us voient quelquefois des prêtres dans le jardin, ils prennent ma maison pour une abbaye. Us me flattent. »
« Je n'avais pas Vhonneur de connaître Paul Féval, ajoute ici M. Oscar de Poli ; cette page de Ch. ChinchoUe fut notre trait d'union ; je la reproduisis dans La Civilisation sous ce titre: Ermite, bon ermite, avec cette brève introduction : Je ne crois pas qu'il soit un lettré catholique qui n'ait lu le Coup de