‹ Chrétiens illustres au XIXe siècleChapitre 22 sur 44 · PHILOSOPHE · texte numérisé non relu

PHILOSOPHE

« A mes yeux, c'est une vile hypocrisie de se dire catholique et d'être, eu réalité, pire qu'un protestant. » (A.. Franchi.)

L'Évangile nous apprend qu'il n'y a rien de plus opposé que la nature déchue et la grâce, et néanmoins la grâce agit selon la nature et ne pervertit point son ordre. Aussi la résistance longue et opiniâtre de celle-ci ne fait-elle qu'ajouter un nouvel éclat au triomphe de la grâce. L'histoire de la religion catholique est parsemée de ces retours merveilleux vers Dieu et si consolants pour tous. Le lecteur, sans doute, connaît déjà la conversion du philosophe Antonio Franchi, si tristement célèbre par ses écrits où il a professé un rationalisme effronté.

Christophe Bonavino, tel était son vrai nom, naquit à Peglé (Italie), en 1820. Librement, ainsi qu'il l'apprend lui-même dans ses ouvrages philosophiques, il embrassa l'état ecclésiastique ; il eut même le désir de se consacrer aux missions. Malgré les sollicitudes du ministère pastoral, il s'appliquait avec ardeur à l'étude de la philosophie et de l'histoire, afin, écrivait-il, « de sonder ses convictions antérieures. » A ce sujet, le panégyriste des apostats, Gubernatis, lui consacre ces lignes dans son Dictionnaire biographique : « L'élude de la philosophie qu'il approfondit, affaiblit en lui la foi. »

Une réflexion ici en passant.

Souvent on se demande pourquoi, de nos jours, il y a tant d'incrédules. La réponse est facile. Le principe de l'incrédulité est l'orgueil, et on ne veut souscrire qu'à ce qui est géométriquement démontré. De là, ce malentendu joint à cette étroitesse d'esprit que condamne Pascal, en disant que « la der-

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